Cathie Wood répond à Jack Dorsey: 3 raisons pour lesquelles elle ne croit pas à l’hyperinflation

Cathie Wood, fondatrice et directrice générale d’Ark Invest, a réfuté lundi la théorie de l’hyperinflation du patron de Twitter, Jack Dorsey. Selon elle, trois facteurs permettront de « freiner l’inflation induite par la chaîne d’approvisionnement ».

Pourquoi est-ce important ?

Le 22 octobre, le PDG de Twitter, Jack Dorsey, a tweeté : "L'hyperinflation va tout changer. C'est en train d'arriver." La publication est devenue virale: plus de 73.000 likes et 25.000 retweets. Parmi les commentaires notables, citons celui du PDG de MicroStrategy, Michael Saylor, qui a déclaré que le bitcoin était la solution à l'inflation, et celui de l'économiste Peter Schiff, qui, comme toujours, a critiqué le bitcoin et fait l'éloge de l'or.

Sur Twitter, Cathie Wood a décrit lundi trois facteurs déflationnistes qui empêcheront, selon elle, l’hyperinflation. Son discours optimiste a suivi moins de 72 heures après que Jack Dorsey ait tiré la sonnette d’alarme sur la hausse des prix.

Idées fausses

Cathie Wood, fondatrice et PDG d’Ark Investment Management, a réfuté la théorie de Jack Dorsey avec un thread composé de en 12 tweets (voir ci-dessus). Elle a introduit son hypothèse par l’idée fausse qu’elle s’est faite en 2008, lorsque, à la suite de la crise financière, la Fed, l’organisation faîtière des banques centrales américaines, a commencé l’assouplissement quantitatif (QE).

« Je pensais que l’inflation allait décoller. J’avais tort », a-t-elle déclaré. « Au contraire, la vélocité – une indication de la vitesse à laquelle l’argent reçu est réémis (ndlr) – a baissé, retirant l’aiguille de l’inflation. La vélocité est toujours en baisse. »

On en aura fini « une fois la période des fêtes terminée »

Cathie Wood a détaillé les trois causes qui mèneront à la déflation:

  • L’innovation axée sur la technologie, qui sera la « source la plus puissante ». Cela inclut l’intelligence artificielle, un secteur dont les coûts de formation ont chuté de 40 à 70% par an, dans ce qu’elle a appelé une « force déflationniste record ». « L’IA est susceptible de transformer tous les secteurs, toutes les industries et toutes les entreprises dans les 5 à 10 prochaines années », a-t-elle prédit.
  • La destruction créative due à l’innovation perturbatrice. Selon elle, de nombreuses entreprises ont répondu aux attentes des actionnaires à court terme, qui sont avant tout intéressés par le profit, plutôt que d’investir dans l’innovation. Ces entreprises « seront obligées de rembourser leurs dettes en vendant de plus en plus de biens obsolètes au rabais : c’est la déflation », a-t-elle ajouté.
  • Facteurs cycliques. Après leur fermeture, de nombreuses entreprises sont encore en train de rattraper la demande des consommateurs qui a bondi pendant la pandémie et sont susceptibles de commander le double ou le triple de ce dont elles ont normalement besoin. Mais elle a prédit que cette vague passera. « Une fois que la période des fêtes sera terminée et que les entreprises seront confrontées à des stocks excédentaires, les prix devraient baisser », a-t-elle souligné.
    • Elle a ajouté que les prix de certaines matières premières, comme le bois et le minerai de fer, ont chuté de 50%.
      Demande de pétrole inférieure aux niveaux de 2019

Demande de pétrole inférieure aux niveaux de 2019

Elle a également déclaré que la demande de pétrole est inférieure aux niveaux de 2019, et que la hausse des prix devrait ralentir cette demande.

Parallèlement, la tendance ESG (environnement, société et gouvernance) oblige les entreprises du secteur de l’énergie à concentrer leurs investissements sur les énergies renouvelables. Les banques prêtent également moins au secteur fossile. De plus, les véhicules électriques sont en plein essor, « semant les graines d’une baisse sérieuse des prix du pétrole à plus long terme ».

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