Une bonne nouvelle dans le chaos climatique de cet été: la vendange du Champagne s’annonce effervescente

Alors que le chaos climatique met à genoux de nombreux secteurs, le temps sec et chaud profite aux raisins dans la région de Champagne. Les viticulteurs s’attendent à des vendanges importantes et de bonne qualité. 2021 avait été une année catastrophique pour la région.

Vagues de chaleur qui se succèdent, sécheresse historique, fleuves à leur niveau le plus bas depuis des lustres, feux de forêt… L’été 2022 restera gravé dans les mémoires comme synonyme de chaos climatique. Les conséquences pour l’économie sont tout aussi catastrophiques : le transport fluvial est sérieusement réduit, la production d’énergie (nucléaire et éolienne) est en berne, et les récoltes souffrent.

Mais, miraculeusement, un secteur se porte très bien dans ce chaos : le Champagne. Après une année 2021 trop froide et trop humide pour le vin français (perte de 50% de la production en Champagne), 2022 devrait être une année de vendanges en quantité importante et de bonne qualité pour le vin effervescent le plus connu du monde, rapporte BFM Business.

Soleil égal sucre

C’est que les raisins ont besoin de soleil et de chaleur, surtout dans en période estivale, pour faire augmenter le taux de sucre dans le fruit. A cette période, l’humidité est dangereuse, car elle peut provoquer la présence de parasites, de champignons et de maladies. Cette année, les raisins ont pu prospérer, et affichent un taux de sucre déjà élevé aujourd’hui. A tel point qu’ils sont à maturation deux à trois semaines en avance.

« Le fait d’avoir une météo sèche nous a permis d’avoir un travail au vignoble relativement facile », explique le vigneron champenois Benoît Velut à BFM.

Les sols : une question de survie

La sécheresse n’est pas un allié en soi du vigneron. Elle s’avère bénéfique pour une partie de la Champagne, là où des sols riches en craie gardent l’humidité pendant plus longtemps. Sur d’autres coins de la région, des sols plus secs mènent à une situation plus critique. Ailleurs en France, comme dans le Var et l’Alsace, on s’attend à des vendanges plus faibles.

La chaleur peut aussi s’avérer problématique pour le raisin : dès 38 degrés, il « brûle », c’est-à-dire qu’il devient sec, plus petit et de moins bonne qualité. Le résultat est un vin avec trop d’alcool pour être commercialisé. Voilà un des grands défis que pose le réchauffement climatique pour le secteur : dans les années à venir, le vin risque de changer.

Remplir les réserves

La Champagne a donc eu de la chance cet été. Comme on s’attend à une récolte abondante, le Comité Champagne a élevé ses quotas, qui sont de 12.000 kilos par hectare cette année, soit le plus haut quota de production depuis 15 ans. Ce comité fixe les quotas tous les ans, car le champagne est un produit de luxe et a besoin d’une certaine rareté pour l’être et le rester.

Une augmentation des quotas ne risque pas de mettre en péril la rareté. Une bonne partie de la vendange sera gardée pour reconstituer les réserves des viticulteurs. Avec les vendanges catastrophiques de l’année dernière, les producteurs avaient davantage dû recourir à leurs réserves des autres années. Pour mémoire, de nombreux vins de Champagne (plus de 80% des ventes) sont des mélanges de vins de plusieurs années (à part les millésimes) et de cépages différents. Ainsi, cette bonne récolte 2022 est aussi une bonne nouvelle pour les productions des années à venir.

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