C’est officiel : la France fait face à la pire sécheresse de son histoire

C’est déjà la quatrième vague de chaleur à laquelle est confrontée l’Hexagone, et nous n’en sommes même pas à la moitié du mois d’août. Dans certaines régions du sud, les températures ne sont quasiment jamais descendues sous les 30°C durant la journée depuis le début de l’été, et la pluie se fait désespérément attendre.

Cette quatrième vague de chaleur marque aussi la pire sécheresse que la France ait connue depuis le début des enregistrements météorologique, en 1958, a annoncé Météo-France. Et la situation devrait s’aggraver au moins jusqu’au milieu du mois : en moyenne, moins de 1 cm de pluie est tombé sur la France en juillet. Le sud-ouest du pays est confronté à des températures de l’ordre des 38°C depuis ce dimanche, et la vague de chaleur remonte vers le nord depuis le début de cette semaine. En Belgique voisine, on se prépare déjà à 34°C le week-end prochain.

Aucun département n’est épargné

« Cette situation constitue un événement comparable aux sécheresses des années 1976 et 2003 » confirme l’agence nationale de météorologie. Avec une différence notable : pour la première fois, tous les départements sont concernés, alors qu’en 1976 la Corse et la côte méditerranéenne avaient été épargnées. « D’ici au milieu du mois d’août, il est très probable que cette situation de sécheresse des sols s’aggrave encore sur un grand nombre de régions » continue Météo-France.

Le bureau de la Première ministre Elisabeth Borne a mis en place une équipe de crise qui doit, entre autres tâches, assurer l’approvisionnement en eau potable par camions de dizaines de villages qui ne sont plus alimentés, rapporte Euractiv. Des restrictions à l’usage de l’eau ont été mises en place dans la quasi-totalité du pays.

Des récoltes qui sèchent et du bétail qui souffre

La récolte de maïs devrait être inférieure de 18,5 % cette année par rapport à 2021, selon le ministère de l’Agriculture, alors que l’approvisionnement alimentaire mondial reste sous pression depuis le début de la guerre en Ukraine, et la pénurie de fourrage menace les exploitations laitières.

La sécheresse met aussi à la peine le secteur énergétique du pays, la température et le niveau des eaux de certaines rivières rendant délicat le refroidissement des réacteurs nucléaires : la semaine dernière, EDF a réduit sa production d’électricité dans une centrale du sud-ouest en raison des températures élevées de la Garonne, et a émis des alertes permanentes pour les réacteurs situés le long du Rhône. Une situation qui touche d’ailleurs d’autres filières et d’autres pays : en Allemagne, le niveau du Rhin est trop bas pour assurer le passage des péniches chargées de charbon vers certaines centrales.

« Cette nouvelle vague de chaleur risque de s’installer », a déclaré La Chaine Météo. Ce qui n’est guère rassurant, alors que le pays sort à peine d’une vague d’incendies dévastateurs, jusque dans des régions autrefois épargnées comme la Bretagne.

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