Principaux renseignements
- Risque accru de stagflation en Inde en raison d’une croissance plus faible et d’une inflation élevée.
- La banque centrale intervient pour stabiliser la roupie et les flux de capitaux.
- Les prix du pétrole et les tensions géopolitiques accentuent la pression sur l’économie indienne.
L’économie indienne subit une pression croissante due à la hausse des prix du pétrole et aux tensions géopolitiques, tandis que les analystes mettent en garde contre un ralentissement de la croissance et une inflation persistante dans les années à venir.
Selon Nuvama Institutional Equities, un courtier indien, l’Inde continuera d’afficher des performances relativement solides à court terme, mais la croissance pourrait retomber entre 6 à 6,5 pour cent au cours de l’exercice 2027. Ce chiffre est inférieur aux prévisions antérieures. Nuvama souligne notamment la hausse des prix du pétrole due aux tensions autour de l’Iran, les perturbations potentielles de l’offre et une mousson plus faible, qui pourrait faire grimper les prix des denrées alimentaires.
Les analystes redoutent un scénario de stagflation
Selon les analystes, la combinaison de la hausse des prix et du ralentissement de l’activité économique augmente le risque d’un scénario de stagflation. Dans ce contexte, la croissance ralentit tandis que l’inflation reste élevée, ce qui complique la conduite de la politique économique.
Systematix Institutional Equities, un autre courtier indien, indique dans un rapport distinct que l’inflation pour l’exercice 2027 pourrait s’avérer en moyenne plus élevée que prévu, tandis que la croissance est révisée à la baisse. Les prévisions de produit intérieur brut ont été ramenées à 6,6 pour cent, contre 6,9 pour cent précédemment. Par ailleurs, les risques d’inflation augmenteraient, avec une pression à la hausse sur les prix au second semestre.
La RBI mise sur les flux de capitaux étrangers
Afin d’alléger la pression sur l’économie, la Banque centrale indienne (RBI) prend des mesures pour renforcer les entrées de capitaux étrangers et soutenir la balance des paiements.
La banque centrale assouplit notamment l’accès des investisseurs étrangers aux obligations d’État et relève les plafonds d’investissement pour les Indiens résidant à l’étranger et les personnes d’origine indienne bénéficiant du statut OCI (Overseas Citizens of India). Par ailleurs, les possibilités de financement concessionnel pour les entreprises publiques sont élargies et un soutien supplémentaire est prévu pour les dépôts étrangers et les revenus d’exportation. Plusieurs mesures sont temporaires et s’étendent jusqu’en 2026.
Selon Systematix, ce train de mesures devrait soutenir les entrées de capitaux à court terme et renforcer la liquidité du système financier.
Pression sur la roupie
La roupie indienne est sous pression en raison de la hausse des coûts d’importation et de l’affaiblissement des flux de capitaux. Selon les analystes, la monnaie s’est rapprochée de niveaux critiques par rapport au dollar américain, ce qui a conduit la banque centrale à intervenir pour préserver la stabilité.
En parallèle, le déficit commercial s’accroît en raison de la hausse des prix du pétrole, ce qui accentue encore la pression sur la balance extérieure.
L’économie indienne reste vulnérable
Bien que les interventions de la banque centrale puissent offrir un répit à court terme, les analystes soulignent qu’elles ne résolvent pas les problèmes sous-jacents. Ces mesures peuvent temporairement alléger la pression sur la monnaie et les liquidités, mais elles ne remédient pas aux vulnérabilités structurelles de l’économie. Sans une croissance plus stable et plus durable, et sans réformes économiques plus larges, l’Inde reste sensible aux chocs extérieurs. Cela vaut en particulier pour les fluctuations des prix du pétrole et les variations des flux de capitaux internationaux, qui peuvent rapidement affecter la croissance, l’inflation et le taux de change.
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