Avec une seule éolienne en mer connectée, la France est à la traîne: la donne devrait bientôt changer

Très loin derrière le Royaume-Uni et ses 2.294 éoliennes offshores connectées à son réseau électrique, et même loin derrière la Belgique (399 turbines), la France ne dispose actuellement que d’une seule et unique éolienne en mer connectée à son réseau. La donne devrait toutefois fortement changer au cours des prochaines années.

Un huitième parc éolien en mer français, d’une puissance maximale de 1.000 MW, devrait voir le jour dans un futur relativement proche au large des côtes de Normandie. L’appel d’offres a été lancé par les pouvoirs publics et six entreprises, ou groupements d’entreprises, y ont répondu. La ministre française de l’Environnement, Barbara Pompili, devrait être en mesure d’attribuer le projet à l’un des candidats en lice ‘avant l’élection présidentielle de 2022’, croit savoir le quotidien économique Les Echos.

La France à la traîne

Ce nouveau projet est un événement pour la filière française de l’éolien offshore, un secteur qui peine à décoller. Malgré de premiers appels d’offres lancés dès 2011, il n’existe à l’heure actuelle qu’une seule éolienne au large de l’Hexagone qui soit connectée au réseau électrique. Et encore, il s’agit d’un projet pilote.

Par rapport aux autres pays du nord-ouest de l’Europe, la France fait pâle figure:

  • Royaume-Uni: 2.294 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • Allemagne: 1.501 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • Danemark: 559 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • Pays-Bas: 537 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • Belgique: 399 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • Suède: 80 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • Finlande: 19 éoliennes en mer connectées au réseau à la fin 2020.
  • France: 1 éolienne en mer connectée au réseau à la fin 2020.

8 parcs en service d’ici 2030?

Cependant les sept premiers projets de parcs éoliens français en cours de développement (Saint-Nazaire, Fécamp, île d’Yeu-Noirmoutier, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-Mer, Dieppe-Le Tréport et Dunkerque) devraient connaître une mise en service entre 2022 et 2027.

De plus, selon Les Echos, le projet normand devrait bénéficier de plusieurs avancées législatives pour favoriser un déploiement plus rapide. Le journal cite pêle-mêle des recours qui seront dorénavant portés directement devant le Conseil d’État, les études de vents et les débats publics sont désormais menés par l’État en amont des procédures de sélection et les permis de construire sont à présent conçus pour mieux s’adapter aux évolutions techniques.

Autre point qui plaide en faveur du futur projet: son éloignement à 30 kilomètres des côtes, ce qui devrait le rendre plus acceptable aux yeux des riverains.

Pour ces raisons, le ministère de l’Environnement français table sur une mise en service du parc normand dès 2028, soit bien plus rapidement que les précédents projets. Un timing qui semble toutefois très (trop?) optimiste. ‘Six ans de développement, ce sont plutôt les standards des Pays-Bas ou du Danemark. En France, de façon réaliste, on peut plutôt tabler sur une mise en service entre 2028 et 2030’, explique Vincent Balès, directeur général de l’énergéticien WPD pour la France, aux Echos.

Poursuivre la dynamique

Par ailleurs les pouvoirs publics français entendent poursuivre la dynamique puisque d’autres projets sont déjà en gestion:

  • Un futur parc en Bretagne: un débat public a déjà été mené et un appel d’offres est attendu pour la fin du mois de mai.
  • Et deux autres au large de l’île d’Oléron et en Méditerranée pour lesquels des débats publics doivent être organisés.

Ces trois projets ne devraient toutefois pas être attribués avant l’élection présidentielle de 2022, comme cela était initialement prévu.

Pour aller plus loin:

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