Au Canada, la quarantaine de retour des vacanciers est payée 645 euros

Aéroportée Montréal/ Isopix

Alors qu’une résurgence de cas est redoutée, le Canada semble avoir trouvé une solution pour éviter que les vacanciers ne donnent un nouvel élan à l’épidémie, en mettant au point un système de ‘prime spéciale quarantaine’. 

Être payé pour rester chez soi, c’est à présent possible au Canada. L’État a décidé de rémunérer les voyageurs obligés de se mettre en quarantaine qui ne peuvent télétravailler et/ou qui ne perçoivent pas de revenus de leur employeur durant cette période.

La prime est de 1.000 dollars (645 euros) et couvre les deux semaines obligatoires d’isolement. Elle est valable pour tout voyage touristique et d’affaires. 

Les demandeurs doivent remplir certaines conditions, comme être dans l’incapacité de travailler au moins 50 % de la semaine prévue pendant l’isolement, être présents au Canada pendant la durée de la prestation et avoir 15 ans ou plus.

750.000 dollars d’amende

Cette mesure semble surréaliste, mais elle a pour but d’encourager le respect des règles et de réduire les risques de contaminations sur le lieu de travail. Pourtant, la décision a vivement été critiquée par les partis de l’opposition qui dénoncent la prime fixée par le gouvernement Trudeau. Yves-François Blanchet, le chef du Bloc électoral, a qualifié cette mesure ‘d’absurde’.

Au Canada, les règles sont pourtant très strictes. À l’arrivée, chaque voyageur est tenu de remplir un document sur sa situation épidémiologique et de fournir un plan de quarantaine aux responsables de l’immigration. Les smartphones sont géolocalisés et toute personne qui ne respecte pas les règles encourt une amende pouvant atteindre 750.000 dollars (483.000 euros).

Et personne n’est épargné… Alors qu’il s’est rendu à Saint-Barth pour Noël, le ministre des Finances canadien, Rod Philips, s’est vu contraint de remettre sa démission à son retour.

Et en Belgique?

En Belgique, pas de primes à l’horizon. Pourtant, les règles ont aussi été renforcées. 

La semaine dernière, le comité de concertation a décidé de renforcer ses consignes pour les vacanciers. Tout voyageur qui s’est rendu plus de 48 heures en zone rouge est tenu d’effectuer deux dépistages Covid (le premier à son arrivée, le second 7 jours plus tard), et de se mettre en quarantaine pendant une semaine. Cette période ne s’achève que lorsque le second test est négatif. 

Le ministre du Travail Pierre Dermagne avait envisagé que les voyageurs bénéificent du chômage temporaire mais face aux nombreuses critiques qui l’ont fustigé de tous les côtés, ce dernier s’est ravisé. 

Selon le règlement actuel, les personnes qui sortent d’une zone rouge doivent prendre des congés payés. Il existe toutefois une exception pour ceux qui sont restés à l’étranger pour le compte de leur employeur.