Le PDG d’AstraZeneca répond aux critiques: ‘Au Royaume-Uni, nous avons eu 3 mois de plus pour résoudre les problèmes’

AstraZeneca-CEO Pascal Soriot. – Isopix

Efficacité de son vaccin mise en doute, retards dans les livraisons, tensions avec l’UE… Les derniers jours ont été particulièrement intenses pour la firme pharmaceutique AstraZeneca.

Son PDG, Pascal Soriot, a répondu aux critiques au cours d’une interview accordée à plusieurs grands médias européens, dont La Repubblica, mardi. Morceaux choisis.

Sur l’efficacité de son vaccin AstraZeneca/Oxford

Pour rappel, la presse allemande a rapporté lundi soir que le gouvernement allemand nourrissait des doutes quant à l’efficacité du vaccin AstraZeneca/Oxford chez les personnes de plus de 65 ans. Selon ces journaux, le vaccin ne serait efficace que sur 8% des personnes âgées.

‘Je n’ai aucune idée de la provenance de ce chiffre. Il est faux. Des régulateurs de nombreux pays – une douzaine – ont approuvé ce vaccin pour les personnes âgées de 18 ans et plus. Comment peut-on penser que tous ces gens auraient approuvé notre vaccin si son efficacité était de 8 %? Pourquoi cette affirmation est-elle sortie? Je ne sais pas (…) Peut-être existe-t-il des considérations politiques locales, parfois? Je ne peux pas le dire.’

Sur les retards de livraison

Le week-end dernier, on apprenait que la société pharmaceutique était confrontée à des problèmes de production et qu’elle avait signalé à la Commission européenne devoir réduire de 60% ses livraisons de vaccins vers l’UE durant le premier trimestre.

‘Nous sommes tous très déçus. Nous aimerions produire plus. Je pense que nous livrerons en Europe en quantité raisonnable en février, mais il est vrai que c’est moins que prévu (…)  Notre équipe travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour résoudre les nombreux problèmes de production du vaccin lui-même (…) Les problèmes que nous avons sont liés à la fabrication de la substance médicamenteuse (le vaccin avant son conditionnement en flacons, ndlr). Nous pensons avoir réglé ces problèmes, mais nous avons deux mois de retard par rapport à ce que nous voulions.’

Pascal Soriot précise encore qu’AstraZeneca a également connu des problèmes de démarrage dans la chaîne d’approvisionnement au Royaume-Uni. ‘Mais le contrat britannique a été signé trois mois avant le contrat européen. Donc, avec le Royaume-Uni, nous avons eu trois mois supplémentaires pour résoudre les problèmes rencontrés.’

Sur les rumeurs selon lesquelles AstraZeneca vendrait des doses à des États hors UE plus offrants

‘L’UE veut savoir exactement quelles doses ont été produites, où, si elles ont été livrées et à qui’, a notamment réclamé la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, lundi. La crainte des autorités européennes est que, sous couvert des problèmes de production, la firme pharmaceutique vende des stocks de son vaccin à des pays plus offrants.

‘Suggérer que nous vendons à d’autres pays pour gagner plus d’argent n’est pas juste parce que nous ne faisons de profit nulle part. C’est l’accord que nous avons avec l’Université d’Oxford: nous serons sans profit. Nous avons des prix légèrement différents d’une zone géographique à l’autre car le coût des marchandises peut être différent (…) Mais nous ne prenons certainement pas de vaccins aux Européens pour les vendre ailleurs avec profit. Cela n’aurait aucun sens.’