‘America is back’? La différence entre ce que dit l’administration Biden et ce qu’elle fait

Un indice mesurant le risque géopolitique mondial est à son plus bas niveau depuis l’ère Obama. C’est parce que le monde d’aujourd’hui est surtout concentré sur l’inflation. Néanmoins, un certain nombre de tendances géopolitiques sont plus qu’inquiétantes.

Les relations publiques américaines sont sans faille

La semaine dernière, le geopolitical risk index de Blackrock est tombé à son plus bas niveau depuis quatre ans. L’administration Biden s’est donc montrée extrêmement efficace dans sa communication ces derniers mois. ‘America is back’ est le slogan en vogue. Qu’il s’agisse de l’accord de Paris sur le climat, du covid-19, de la situation dans la région indo-pacifique ou d’une taxe mondiale sur les multinationales. L’attitude paternaliste de Joe Biden et le discours selon lequel il serait ‘l’homme qui est là pour rétablir l’ordre’ portent clairement leurs fruits en termes de relations publiques.

L’indice de risque géopolitique du Blackrock Investment Institute prend en compte deux critères:

  • Un système de notation informatisé des mentions positives et négatives du risque géopolitique dans les rapports financiers et les articles de presse.
  • Et un modèle de l’impact potentiel à 30 jours des événements géopolitiques sur les actifs mondiaux.
Blackrock’s Investment Institute geopolitical risk index

L’USS Ronald Reagan quitte ‘la zone la plus inflammable du monde’

The USS Ronald Reagan (Photo: Yomiuri Shimbun via AP Images )

Le monde regorge de discours sur l’efficacité américaine en matière de politique étrangère. Pourtant, cette même administration Biden a décidé la semaine dernière de retirer le porte-avions USS Ronald Reagan du Japon. Le navire servira par la suite pour le retour des troupes américaines qui se trouvent encore en Afghanistan. La manœuvre est audacieuse, car pour la première fois depuis des années, les Américains n’auront plus de de porte-avions dans ce qui, selon le Blackrock Investment Institute, est actuellement la ‘zone la plus inflammable du monde’: la région Indo-Pacifique. Un conflit entre la Chine et Taïwan y couve depuis longtemps. Les États-Unis ont déjà indiqué qu’ils interviendraient si nécessaire. Mais une fois que le porte-avions parti, il faudra des jours, voire des semaines, pour le faire revenir.

Un déclin géopolitique et stratégique?

N’oublions pas que le budget américain en matière de défense, avec 778 milliards de dollars, est plus important que celui des 10 pays suivants réunis. Le fait que malgré un tel budget, on ne parvienne pas à maintenir un porte-avions dans une région qualifiée de ‘plus inflammable’ indique assurément un certain déclin géopolitique et stratégique. La Chine et la Russie l’auront également remarqué.

Le calcul des risques géopolitiques par des ordinateurs est donc discutable. Aujourd’hui, ils voient tout en rose, alors que les paroles de l’administration Biden n’indiquent pas la même chose que ses actions.

Biden rencontre ‘le tueur’

À côté de cela, il y a également le sommet du 16 juin à Genève, en Suisse. Joe Biden va rencontrer Vladimir Poutine, l’homme qu’il a traité de ‘tueur’ en mars dernier. Il est peu probable que le président américain présente ce jour-là à son homologue russe la facture de ses crimes présumés, comme il l’a lui-même indiqué. Malgré les sanctions décrétées contre le Belarus, l’administration Biden a levé au début du mois les mesures de rétorsion prises à l’encontre d’une entreprise qui construit un gazoduc controversé entre la Russie et l’Allemagne. Les critiques avancent que le gazoduc Nordstream 2 est un trophée géopolitique majeur pour le Kremlin.

La Chine aux Émirats arabes unis

Enfin, il y a la vente d’avions de combat américains F-35 aux Émirats arabes unis. L’administration Biden a récemment approuvé cette transaction de 23 milliards de dollars négociée par ses prédécesseurs. Mais dans le même temps, les satellites américains enregistrent le déchargement d’un nombre croissant d’équipements chinois dans les ports d’Abu Dhabi. Cela suggère la construction par la Chine d’une base militaire dans le pays. En d’autres termes, les Émirats arabes unis achètent des équipements militaires aux États-Unis, tout en laissant à la Chine le champ libre sur leur territoire.

La Chine au Moyen-Orient

Et pendant ce temps, la Chine s’affirme également comme le principal bénéficiaire du retrait américain du Moyen-Orient. Pékin était depuis des années le principal acheteur de pétrole dans la région. Aujourd’hui, le géant asiatique est également la seule puissance extérieure à avoir négocié des accords politiques et commerciaux solides avec pratiquement tous les grands pays de la zone. Les liens de plus en plus étroits de la Chine avec l’Iran et les milices chiites anti-américaines constituent même un risque à long terme pour les forces militaires et les intérêts commerciaux américains, selon les analystes.

Conclusion: l’administration Biden excelle dans l’art de diffuser un discours stratégique très efficace sur sa politique étrangère ; mais la réalité sur le terrain est d’une toute autre nature.

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