Alors qu’ils plaident pour un impôt mondial, les États-Unis continuent d’imposer des sanctions aux pays qui taxent les Big Tech

AP Photo/Evan Vucci/Isopix

Les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à 6 pays, dont le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne. La cause: l’introduction, par ces pays, d’une taxe visant principalement les Big Tech, qui sont pour la majorité basées aux États-Unis. Une sanction en décalage avec les discussions américaines sur un impôt mondial.

Environ 2 milliards de dollars de marchandises venant d’Autriche, d’Inde, d’Italie, d’Espagne, de la Turquie et du Royaume-Uni seront désormais taxés à 25% par les États-Unis. L’annonce a été faite ce mercredi par la Maison Blanche.

Cela fait des années que de nombreux pays se plaignent de la présence de grandes multinationales sur le marché sans que celles-ci ne payent leurs impôts. Les Big Tech comme Google, Apple, Facebook ou encore Amazon sont tout spécialement visés. Leurs services sont utilisés par une grande majorité de la population mondiale, mais ces entreprises réussissent toujours à éviter les taxes et reporter leurs bénéfices dans des paradis fiscaux.

Ne voyant aucun consensus se créer dans les gouvernements mondiaux, plusieurs pays ont décidé d’imposer eux-mêmes leur propre taxe numérique. Le Royaume-Uni, par exemple, demande 2% des revenus réalisés sur son territoire par les médias sociaux, les moteurs de recherche et les plateformes de commerce en ligne.

Réponse et sanction des États-Unis

Suivant la même ligne directrice que son prédécesseur, Joe Biden a décidé de répondre à ces nouvelles taxes – qui, selon le gouvernement américain, visent directement les entreprises de la Silicon Valley – par des sanctions commerciales. Une série de produits, allant des crevettes aux jeux vidéo en passant par les cosmétiques et les vêtements, seront taxés à 25%.

Cette annonce semble aller un peu à contresens des discussions actuelles du président Biden avec l’OCDE et le G20. Les États-Unis proposent en effet de créer un impôt minimum mondial de 15% afin d’éviter que les grosses entreprises puissent éviter les taxes dans des paradis fiscaux. Selon les premières règles établies de cet impôt, ce sont les plus grosses multinationales qui seraient visées. Cela va donc plus ou moins dans le même sens que le principe des taxes numériques (sauf que certaines multinationales y échappent). Il est donc un peu difficile de comprendre pourquoi Biden a annoncé ces sanctions maintenant.

Toutefois, les sanctions ne seront applicables que dans 180 jours, ce qui donne le temps aux États-Unis de tenter de parvenir à un accord sur l’impôt minimum mondial qui fera sauter toutes les taxes numériques.  

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