L’Allemagne trouve une solution au problème des munitions de l’Ukraine dans sa propre arrière-cour

Le conglomérat industriel allemand spécialisé dans l’armement Rheinmetall lance une nouvelle ligne de production de munitions pour le blindé anti-aérien Gepard. Cette annonce a été faite par le ministre de la Défense Boris Pistorius.

Pourquoi est-ce important ?

L'Ukraine a un besoin urgent de munitions de tous types, en particulier pour ses canons antiaériens et son artillerie lourde. Or la recherche de munitions adaptées aux chars antiaériens Gepard a été particulièrement difficile : peu de pays ont encore cet engin en service, et encore moins ont la capacité de fabriquer des obus supplémentaires.

L’actualité : Ce qui était impossible il y a quelques mois est en train de réussir sous la houlette du nouveau ministre allemand de la Défense, Pistorius.

  • La société de défense allemande Rheinmetall est prête à lancer une nouvelle ligne de production de munitions selon l’agence de presse Bloomberg. Oerlikon, la société qui fabriquait à l’origine les canons et les obus pour les Gepard, a été rachetée par l’entreprise allemande en 1999, et rebaptisée Rheinmetall Air Defence en 2009.
  • La nouvelle a été annoncée par le ministre Pistorius juste avant la réunion à Bruxelles de la coalition Ramstein, qui regroupe les pays qui fournissent déjà des armes à l’Ukraine. Selon l’Allemand, les contrats ont été signés, et la production commencera immédiatement. Le journal allemand Suddeutsche Zeitung avait précédemment écrit que Rheinmetall fabriquerait un total de 300.000 obus dans son usine de Basse-Saxe.
  • Cela résoudrait l’un des maux de tête de l’Allemagne : elle pourrait déjà fournir à l’Ukraine 32 Gepard, dont les canons à tir rapide peuvent abattre des avions dans le ciel, mais aussi des drones et des missiles. Le gros problème était que seul un nombre limité d’obus était disponible. L’entreprise d’origine suisse Oerlikon avait bien fait une offre, mais la Suisse y a opposé son veto. Dans les livraisons d’armes, le pays d’origine du matériel doit toujours donner son feu vert, mais la Suisse s’accroche frénétiquement à son principe de neutralité. La livraison a donc été annulée.
  • Pour la fabrication de nouveaux obus toutefois, rien ni personne ne se met en travers du chemin de Rheinmetalls.

Le contexte : l’Ukraine a un besoin urgent de munitions.

  • « La guerre en Ukraine engloutit une énorme quantité de munitions et épuise les stocks des alliés. Le rythme actuel auquel l’Ukraine tire des munitions est bien supérieur à nos capacités de production actuelles. Cela exerce une pression sur notre industrie de la défense », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse ce lundi, à la veille de la réunion de la coalition de Ramstein.
  • « Une guerre d’attrition devient une bataille pour la logistique. Oui, nous sommes confrontés à un défi. Oui, nous avons un problème, mais nous avons aussi une stratégie pour le résoudre », a poursuivi le Norvégien. « Il est clair que nous sommes dans une course à la logistique. Des fournitures cruciales, telles que des munitions, doivent parvenir à l’Ukraine avant que la Russie ne puisse prendre l’élan de sa nouvelle offensive. »
  • On estime que l’Ukraine tire chaque jour 5,000 obus d’artillerie sur les positions russes. M. Stoltenberg a indiqué que les entreprises européennes de défense devaient augmenter et accélérer leur production. Le temps de production des obus d’artillerie de gros calibre a déjà été réduit de 28 à 12 mois.

MB

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