Alibaba lève 13 milliards de dollars: mais pourquoi à Hong Kong et pourquoi maintenant?

epa

Pour sa 2e cotation en Bourse, Alibaba a choisi Hong Kong. Pourtant, le contexte politique sous haute tension ne s’y prêtait pas. Pourquoi ce choix de la part du géant chinois du commerce en ligne?

Si vous pensiez, à raison, qu’Hong Kong était plongé dans le chaos, la vie sur les marchés continue elle de tourner. Alibaba a levé 12,9 milliards de dollars à la bourse d’Hong Kong, soit la plus haute introduction depuis 2010.

Mais il n’aura échappé à personne que cette enclave dans le territoire chinois est plongée dans le chaos depuis plusieurs mois. Les Honkongais s’inquiètent de la mainmise de Pékin sur leur territoire. A la base pacifiques, les manifestations ont sombré dans la violence ces derniers jours.

Du coup le timing et l’endroit de cette introduction en bourse questionnent: pourquoi maintenant et pourquoi à Hong Kong ? Il faut d’abord savoir qu’Alibaba a déjà fait une première introduction en bourse du côté de New York à hauteur de 25 milliards de dollars, soit presque le double. Mais Alibaba l’assure: la bourse de New york restera son principal lieu de cotation. L’objectif est donc d’avoir un lieu de rendez-vous permanent aux deux extrémités du globe, pour permettre aux investisseurs d’échanger leurs actions à tout moment.

Ensuite, en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, opter pour Hong Kong peut limiter le risque de surveillance des entreprises chinoises par les Etats-Unis.

Enfin, le choix d’Alibaba pour Honk Kong est une manière de montrer sa confiance envers le territoire autonome du sud de la Chine, dont l’économie est désormais en récession.

Drôle de timing

Mais le timing est-il vraiment idéal? Loin de là. Mais l’opération était prévue de longue date et les troubles qui ont débuté en juin n’ont fait que reporter le délais. Et puis l’action a atteint des sommets cette année, c’était donc le moment ou jamais.

Cette introduction a aussi été permise par un assouplissement des règles favorisant l’achat d’actions par des investisseurs du continent. En résumé, les bourses de Shanghai et de Shenzhen ont lâché du leste. Et Hong Kong, même si elle bénéficie d’une certaine autonomie, est toujours vue comme un territoire chinois.