Aleksandar Vučić perd du pouvoir après une victoire historique des étudiants en Serbie


Principaux renseignements

  • Un mouvement mené par des étudiants a mis fin à la décennie de domination politique d’Aleksandar Vučić en Serbie.
  • Une taux de participation record a été à l’origine d’un changement de cap radical en matière de lutte contre la corruption et de réformes.
  • Des nouveaux venus inexpérimentés sont désormais confrontés au défi redoutable de gouverner un État complexe.

Au terme d’un revirement électoral historique, Aleksandar Vučić a reconnu sa défaite face à un mouvement mené par des étudiants, mettant ainsi fin à sa domination de dix ans sur la scène politique serbe.

Manifestations

Le leader nationaliste, qui occupait la présidence ou le poste de Premier ministre depuis 2014, a convoqué des élections anticipées en septembre après près de deux ans de troubles civils intenses.

Ces manifestations ont été déclenchées par l’effondrement tragique, en 2024, du toit d’une gare à Novi Sad, qui a coûté la vie à 16 personnes et attisé une colère généralisée face à la corruption du gouvernement et à ses tendances autoritaires.

Victoire des étudiants marque un tournant politique

L’annonce du triomphe de la Liste des étudiants a immédiatement déclenché une vague d’euphorie à Belgrade, où des milliers de personnes se sont rassemblées sur les grandes artères pour célébrer cet événement au son de la musique et sous les acclamations.

Cette victoire représente une transformation politique radicale pour cette nation de 6 millions d’habitants, qui rappelle la récente défaite de Viktor Orbán en Hongrie. Selon les observateurs, ce résultat pourrait servir de modèle à d’autres mouvements de jeunesse européens qui luttent actuellement contre le manque de perspectives d’avenir et l’échec des systèmes éducatifs.

Chiffres

Les données préliminaires indiquent une victoire décisive : la coalition étudiante remporterait entre 135 et 140 sièges au parlement, qui en compte 250, laissant au Parti progressiste serbe de Vučić 105 sièges.

Ce résultat a rapidement suscité les éloges des responsables européens, notamment de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a exprimé son souhait de collaborer avec les nouveaux dirigeants afin de rapprocher la Serbie de l’adhésion à l’UE.

Mobilisation électorale sans précédent

Cette victoire s’explique par un taux de participation sans précédent, avoisinant les 70 pour cent, le plus élevé observé depuis la dissolution de la Yougoslavie en 1992. Si les partisans de Vucic mettent en avant son bilan en matière d’amélioration des infrastructures et de l’économie comme principal héritage, le nombre impressionnant d’électeurs témoigne d’un désir profond de changement.

Manque d’expérience

Malgré l’enthousiasme suscité, la voie à suivre reste floue. La Liste des étudiants est composée de 250 personnalités pour la plupart inexpérimentées – parmi lesquelles des agriculteurs, des universitaires et des artistes -, dirigées par le cardiologue Ilija Srdanović.

Des questions subsistent quant à savoir qui dirigera réellement le gouvernement et comment ce dernier mettra en œuvre son programme de réforme de l’éducation et ses mesures de lutte contre la corruption. Les experts s’attendent à une refonte en profondeur des services de sécurité et des ministères afin d’écarter les fidèles de Vučić.

Corde raide diplomatique

De plus, la nouvelle administration est confrontée à la tâche complexe de trouver un équilibre en matière de diplomatie étrangère. Elle doit maintenir des liens avec la Russie pour l’énergie, avec la Chine pour les investissements et avec l’Union européenne pour le commerce.

(at)

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