À partir du 4 novembre, et jusqu’à la fin de l’année, les femmes vont travailler ‘gratuitement’

Les femmes seraient davantage empêchées de faire du télétravail. En pleine pandémie, ce phénomène voit ses impacts amplifiés. – Isopix

A partir de ce mardi 4 novembre, les femmes européennes vont travailler pour rien. Et cela durera jusqu’au 31 décembre. Un constat ‘choc’ choisi par les mouvements progressistes féminins pour dénoncer les inégalités salariales.

Comprenez-le bien: les femmes vont continuer à être rémunérées pour leur travail. Il s’agit en réalité d’un concept symbolique permettant de dénoncer les inégalités salariales liées sexe du travailleur. Dans l’Union Européenne, l’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 16%. Ce qui signifie que, pendant un peu moins de deux mois, elles ne gagneront plus rien. Cette période commence le 4 novembre et dure donc jusqu’à la fin de l’année.

Les mouvements progressistes féminins et le PSE Women (l’organisation des femmes des sociaux-démocrates européens) ont déclaré le 4 novembre ‘Journée de l’inégalité salariale’, afin de mettre ce phénomène en lumière.

Pour la première fois, cette journée est organisée en Belgique.

Plusieurs revendications

Le mouvement demande, notamment, un droit au travail à temps plein pour les femmes. Ces dernières seraient bien trop souvent assignées à des tâches familiales dont les hommes pourraient tout à fait s’occuper. Ce qui a des conséquences néfastes sur le bon déroulement de leur carrière professionnelle.

Congé parental plus long, télétravail moins évident, plus lourdes responsabilités quant à l’éducation des enfants: une multitudes de facteurs sociétaux mènerait au fait que les femmes sont trop souvent empêchées de travailler à temps plein et/ou de voir leur carrière suivre une progression continue.

De plus, les différents mouvements féministes rappellent que les femmes sont surreprésentées dans les professions dites essentielles (personnel de santé, supermarchés et magasins d’alimentation, crèches,…). Pourtant, elles restent les moins bien payées.

Soulignons également que, via l’Unequal pay day, les collectifs progressistes féministes plaident pour l’instauration de quotas afin que davantage de femmes soient placées à des postes de direction. En Belgique, ils demandent aussi l’application de la loi sur l’écart salarial du 22 avril 2012.

Les chiffres belges

En Belgique, pour l’année 2018, Statbel a calculé que les femmes gagnent en moyenne un salaire horaire inférieur de 6% à celui des homme. Cela s’explique, chez nous aussi, par le fait que les femmes ont moins l’occasion que les hommes de travailler à temps plein.

Et la pandémie de coronavirus n’a rien arrangé à cette répartition inégale entre les sexes, lorsque le congé parental a été mis en place. Sur le nombre moyen d’utilisateurs au cours de cette période, 69 % étaient des femmes (18.141) et 31 % des hommes (7.987). Le groupe d’utilisateurs le plus important avait entre 30 et 45 ans, et avait donc de jeunes enfants.

Ajoutons enfin que les personnes actives dans les crèches et garderie sont à 98% des femmes. Or, ces métiers se trouvent tout en bas de l’échelle des salaires. En moyenne, les gardiennes gagnent 2.317 euros bruts par mois. Une somme calculée si l’on travaille à temps plein. Or, comme nous venons de le voir, ce n’est que trop rarement possible pour les femmes.