Principaux renseignements
- L’Allemagne risque de perdre 300 000 emplois industriels en raison d’un grave ralentissement du secteur manufacturier.
- Les coûts énergétiques élevés et la concurrence chinoise sont à l’origine de ce déclin économique.
- Les employeurs réclament des réformes gouvernementales urgentes pour éviter de nouvelles faillites.
L’Allemagne est confrontée à un grave recul de son industrie. Celui-ci pourrait entraîner la perte de 300 000 emplois supplémentaires dans les secteurs de la métallurgie et de l’électrotechnique au cours des deux à trois prochaines années. Oliver Zander, principal représentant de la fédération patronale Gesamtmetall, qualifie la situation actuelle de désastreuse. Selon lui, de nombreuses entreprises luttent actuellement pour leur survie en raison d’une sous-utilisation de leurs capacités de production.
Les causes du déclin industriel
L’industrie allemande de la métallurgie et de l’électrotechnique subit une forte pression en raison d’une combinaison de facteurs : une demande faible, une concurrence croissante de la Chine ainsi que des coûts élevés de l’énergie et de la main-d’œuvre. Si les suppressions d’emplois prévues se concrétisent, les effectifs du secteur tomberont à environ 3,4 millions de travailleurs. Il s’agirait du niveau le plus bas depuis la réunification allemande en 1990.
De plus, ce nouveau recul pourrait coûter à l’économie allemande environ 35 milliards d’euros de valeur ajoutée annuelle. Cette perte s’ajouterait à celles enregistrées depuis 2019. Au cours de cette période, environ 350 000 emplois ont déjà disparu, entraînant une perte annuelle de 42 milliards d’euros de valeur ajoutée.
Conflit social autour des salaires
L’incertitude économique a provoqué un conflit tendu entre les employeurs et le syndicat IG Metall. Le syndicat réclame une augmentation salariale de 5 % sur une période de douze mois. Il demande également un soutien supplémentaire pour les travailleurs aux revenus les plus faibles.
Pour accentuer la pression sur les employeurs, IG Metall organise des grèves d’avertissement dans de grandes entreprises. Parmi celles-ci figurent notamment Daimler Truck, Opel et Thyssenkrupp.
Les employeurs réclament des réformes
Les employeurs ont présenté une proposition salariale plus limitée. Celle-ci prévoit un paiement unique en juillet 2027 correspondant à 1 % du salaire brut annuel moyen. Selon la région, ce montant représenterait environ 555 à 800 euros. Ce paiement ne s’appliquerait en outre qu’aux entreprises qui disposent d’une situation financière solide. Les employeurs proposent également une augmentation salariale de 1,3 % à partir de juillet 2028.
IG Metall a rejeté cette proposition, la qualifiant de baisse de salaire de fait. Zander juge quant à lui les revendications du syndicat irresponsables. Selon lui, une hausse des coûts salariaux pourrait entraîner davantage de faillites ou pousser les entreprises à délocaliser leurs activités à l’étranger.
Il appelle le gouvernement allemand à mettre rapidement en œuvre des réformes. Il réclame notamment une réduction de la bureaucratie et une baisse des coûts énergétiques. Une réforme de l’impôt sur les sociétés figure également parmi ses priorités. Il veut ainsi éviter que la base industrielle de l’Allemagne ne continue de s’éroder.(zvm)
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