Principaux renseignements
- L’Europe investit des milliards dans des missiles à longue portée pour dissuader toute agression russe.
- La technologie hypersonique offre la vitesse nécessaire pour des frappes de précision en profondeur.
- Les pays combinent leurs innovations nationales avec des achats américains pour assurer une sécurité immédiate.
Poussés par l’instabilité provoquée par le conflit en Ukraine, les pays européens investissent des milliards d’euros pour développer rapidement leurs capacités de frappe à longue portée. C’est ce qu’écrit le Volkskrant.
Moyen de dissuasion pour la Russie
L’objectif principal est de mettre en place une force de dissuasion crédible face à la Russie en développant un arsenal capable de frapper des cibles de grande valeur au cœur du territoire ennemi.
La poursuite de la technologie hypersonique — des armes se déplaçant à plus de cinq fois la vitesse du son — est au cœur de ce renforcement militaire, un domaine dans lequel l’Europe a historiquement pris du retard par rapport aux États-Unis, à la Chine, à la Russie et à la Corée du Nord.
Des missiles terrestres
L’importance stratégique de ces systèmes a été mise en évidence par l’efficacité des frappes menées contre des raffineries de pétrole, des usines de munitions et des centres logistiques russes. Pour combler ce retard, douze pays européens prévoient d’allouer 45 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie au développement de missiles lancés depuis le sol, dont la portée s’étend de 300 à plus de 2 000 kilomètres.
Bien qu’il existe des missiles de croisière lancés depuis les airs, tels que le Taurus ou le Storm Shadow, ceux-ci nécessitent des avions de chasse qui sont vulnérables à l’interception ; les systèmes terrestres offrent un moyen plus rapide et plus sûr de mener des attaques de précision.
Hypersonica
Parmi les initiatives les plus ambitieuses figure le projet conjoint germano-britannique Hypersonica. L’entreprise a récemment franchi une étape importante en Norvège, en testant avec succès un prototype dépassant six fois la vitesse du son. Avec pour objectif de disposer d’une arme opérationnelle d’ici 2029, la société a récemment obtenu un financement de 100 millions d’euros.
Ses fondateurs affirment que la nécessité de disposer de telles armes en Europe ne fait plus l’objet d’un débat, mais relève plutôt d’un défi technique.
Projets nationaux et scepticisme stratégique
D’autres nations s’engagent également dans des voies similaires. La France a déjà effectué les premiers vols de son projet hypersonique V-Max, et le Royaume-Uni collabore avec l’Allemagne sur un missile capable d’atteindre des cibles situées à 2 000 kilomètres. Cependant, certains experts restent sceptiques quant au rythme de ces développements nationaux.
Le Conseil de géostratégie a laissé entendre que l’approche actuelle pourrait être trop ambitieuse et souffrir d’un manque de financement, proposant que le Royaume-Uni achète des technologies américaines existantes pour garantir une disponibilité opérationnelle immédiate.
Combinaison avec des armes américaines
En conséquence, de nombreux États européens adoptent une double stratégie alliant développement interne et approvisionnement externe. Le Royaume-Uni envisage d’acquérir le missile américain Precision Strike Missile (PrSM) pour contrer des systèmes tels que l’Iskander russe, tandis que l’Allemagne envisage un investissement de 3,4 milliards d’euros dans des missiles de croisière Tomahawk de fabrication américaine.
Cette évolution reflète une tendance plus large à s’affranchir des restrictions du traité FNI, désormais caduc, pour adopter une posture plus offensive en matière de défense régionale. (fc)
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