L’inflation dans la zone euro atteint 4 pour cent, son plus haut niveau depuis trois ans


Principaux renseignements

  • L’inflation dans la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis trois ans, à 4 pour cent, en raison de la hausse des coûts de l’énergie.
  • Les taux ayant grimpé en flèche en Italie tandis qu’ils ont baissé en Allemagne.
  • Les pressions persistantes sur les prix devraient contraindre la BCE à relever ses taux d’intérêt en décembre.

Sous l’effet d’une forte hausse des coûts de l’énergie, l’inflation dans la zone euro a grimpé à 4 pour cent en octobre, atteignant son plus haut niveau depuis trois ans. Cela représente une hausse par rapport aux 3,8 pour cent enregistrés en septembre.

Inflation sous-jacente

Alors que l’inflation globale a augmenté, l’inflation sous-jacente – qui exclut les catégories volatiles telles que l’alimentation, l’alcool, le tabac et l’énergie – est restée inchangée à 2,5 pour cent, ce qui suggère que les pressions sous-jacentes sur les prix ne se sont pas encore intensifiées.

Coûts énergétiques à l’origine de la flambée des prix

Le principal catalyseur de cette flambée a été le secteur de l’énergie, où les prix annuels ont bondi à 20,8 pour cent, contre 18,9 pour cent le mois précédent. À lui seul, le secteur de l’énergie a contribué à près de la moitié du taux d’inflation total.

Parmi les autres facteurs ayant contribué à cette hausse, on peut citer une augmentation de l’inflation des services à 3,3 pour cent. L’accélération des prix des denrées alimentaires non transformées à 4,6 pour cent préoccupe particulièrement les économistes, car elle indique que les chocs énergétiques commencent à se répercuter sur le coût des produits alimentaires.

Divergences régionales 

Des disparités régionales étaient manifestes parmi les 21 États membres. L’Italie a connu la hausse la plus spectaculaire, l’inflation bondissant à 5,6 pour cent en raison des tarifs réglementés de l’énergie. Parmi les autres pays ayant enregistré des hausses significatives figuraient la Belgique, la Bulgarie et la Grèce.

À l’inverse, l’Allemagne a joué un rôle stabilisateur pour l’Union. Son taux d’inflation a en effet reculé à 2,8 pour cent à la suite d’une réduction temporaire des taxes sur les carburants. Malte a affiché le taux d’inflation le plus bas de la région, à 2,3 pour cent.

Politique de la BCE et hausses potentielles des taux d’intérêt

Ces conditions économiques ont renforcé la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt par la BCE en décembre. Bien que la banque ait récemment maintenu son taux de dépôt à 2,5 pour cent, les analystes suggèrent que la persistance d’une inflation alimentée par les coûts de l’énergie pourrait contraindre à un changement de politique afin d’empêcher que les hausses de prix ne deviennent permanentes.

Certaines prévisions tablent sur une hausse de 25 points de base en décembre, d’autres hausses étant possibles jusqu’au début de l’année 2027. Cela intervient dans un contexte de transition à la tête de l’institution, Christine Lagarde devant quitter ses fonctions en février.

Facteurs externes

Des facteurs externes ont également joué un rôle dans le paysage financier global. Alors que l’inflation faisait la une de l’actualité européenne, les marchés mondiaux ont été davantage influencés par les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui ont entraîné une baisse des rendements des bons du Trésor américain et un renforcement de l’euro.

(at)

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