Le premier porte-avions nucléaire au monde, l’USS Enterprise, est en cours de démantèlement, ce qui coûte des milliards aux États-Unis


Principaux renseignements

  • L’USS Enterprise, premier porte-avions à propulsion nucléaire au monde, part pour l’Alabama où il sera définitivement démantelé.
  • Les ingénieurs doivent découper la coque pour retirer huit réacteurs nucléaires obsolètes.
  • Ce projet établit le plan officiel pour le démantèlement des futurs navires nucléaires.

L’USS Enterprise (CVN-65), un porte-avions à propulsion nucléaire pionnier qui a servi pendant plus de cinq décennies, a quitté le chantier naval de Newport News, en Virginie, pour se rendre à Mobile, en Alabama, où il sera démantelé.

NorthStar Maritime

Ce transfert marque la fin d’une carrière légendaire qui a débuté en 1961. Ce transfert fait suite à la résolution d’un litige juridique entre Huntington Ingalls Industries et NorthStar Maritime. Cette dernière s’est récemment vu attribuer un contrat de 418 millions de dollars (362 millions d’euros) par la Marine américaine pour mener à bien le processus de démantèlement.

Huit réacteurs nucléaires

Le démantèlement de ce navire présente des défis techniques uniques en raison de la conception obsolète de son système de propulsion. Alors que les porte-avions modernes utilisent deux réacteurs nucléaires, l’Enterprise en comptait huit. Ces réacteurs étant trop volumineux pour être extraits en un seul bloc — une pratique courante pour les sous-marins nucléaires —, les ingénieurs doivent découper la coque du navire pour accéder aux composants et les retirer.

Cette opération sans précédent s’inscrit dans le cadre d’un programme de mise hors service plus large qui a déjà coûté environ 1,3 milliard de dollars à la Marine américaine, couvrant la gestion des déchets radioactifs et le retrait du combustible, opération qui s’est achevée pour le dernier réacteur fin 2016.

Un modèle pour les futurs démantèlements

Au-delà des aspects logistiques immédiats, ce projet constitue un plan directeur essentiel pour l’avenir. En tant que premier porte-avions nucléaire à faire l’objet d’une mise hors service complète, l’Enterprise fournit à la Marine un modèle de référence pour le démantèlement des futurs navires nucléaires.

Le capitaine William Cleveland, qui dirige le programme de mise hors service, a souligné que les enseignements tirés de cette expérience permettront d’établir les protocoles standard pour les prochains retraits de la flotte, l’objectif actuel étant d’achever ces travaux d’ici 2030.

La Guerre froide

L’héritage de ce navire est marqué par son rôle d’icône de la Guerre froide. Depuis sa mise en service fin 1961 jusqu’à son retrait en 2012, il a participé à 25 déploiements, notamment à des opérations majeures pendant la guerre du Vietnam et aux opérations menées en Irak et en Afghanistan après le 11 septembre.

Véritable prouesse technique de son époque, ce porte-avions mesurait 342 mètres de long et pouvait déployer une escadrille aérienne de plus de 60 appareils à l’aide de quatre catapultes à vapeur, tout en maintenant une vitesse supérieure à 30 nœuds.

Le flambeau passe au CVN-80

Alors que le CVN-65 d’origine est destiné à la casse, son nom perdurera à travers le CVN-80. Ce futur porte-avions de classe Ford héritera du nom « Enterprise », alliant le prestige historique de son prédécesseur à la technologie navale contemporaine.

Cette transition symbolise la fin d’une ère monumentale de l’histoire maritime tout en préparant la voie à la prochaine génération d’aviation navale. (fc)

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