Principaux renseignements
- Le démantèlement de l’USS Enterprise coûte au total 1,43 milliard de dollars (1,24 milliards d’euros).
- Des litiges juridiques ont entraîné une réduction de plus de 118 millions de dollars (102 millions d’euros) du montant final du contrat de démantèlement.
- Ce projet nucléaire complexe sert de modèle pour le retrait des futurs porte-avions.
Le démantèlement de l’USS Enterprise (CVN-65) a atteint un coût total estimé à 1 431 497 668 dollars (1 237 529 734 euros). Ce chiffre global comprend 902 millions de dollars (780 millions d’euros) consacrés à la mise hors service, 111 millions de dollars (96 millions d’euros) pour le stockage et un contrat de démantèlement final d’une valeur de 418 497 668 dollars (361 791 234 euros).
L’impact de l’inflation
Bien que le coût de la démolition du navire soit nominalement trois fois supérieur à son prix de construction initial de 451,3 millions de dollars (390,1 millions d’euros), cette comparaison est trompeuse en raison de l’inflation.
Une fois ajusté en fonction du pouvoir d’achat, le coût de construction de 1961 s’élèverait aujourd’hui à environ 5,04 milliards de dollars (4,36 milliards d’euros). En termes économiques réels, le processus d’élimination coûte environ 28 pour cent de la valeur initiale du navire.
Battles juridiques
Le contrat final de démantèlement est le résultat d’une bataille juridique. Au départ, la Marine avait attribué un contrat de 536,7 millions de dollars (464 millions d’euros) à NorthStar Maritime Dismantlement Services.
Cependant, un concurrent, HII ShipCycle, a contesté avec succès cette décision devant la Cour fédérale des réclamations des États-Unis, en faisant valoir que la procédure d’appel d’offres de la Marine était viciée. Après que le tribunal eut ordonné la réouverture de l’appel d’offres, NorthStar a de nouveau remporté le contrat, mais à un prix nettement inférieur, soit 418 497 668 dollars – une réduction de plus de 118 millions de dollars (102 millions d’euros) – , bien que la date d’achèvement prévue ait été repoussée à septembre 2030.
Pourquoi l’Enterprise ne peut pas être démoli comme ça
Contrairement aux porte-avions traditionnels, l’Enterprise ne peut pas être vendu à la ferraille pour compenser les coûts en raison de ses composants nucléaires. Seul porte-avions jamais construit à être équipé de huit réacteurs, il représente un projet de décontamination radiologique de grande envergure.
Le processus est bien plus complexe que le démantèlement d’un sous-marin. Le navire étant trop grand pour permettre le retrait des compartiments des réacteurs en un seul bloc, NorthStar doit démonter le navire autour des réacteurs et conditionner soigneusement les matériaux contaminés en vue d’une élimination spécialisée.
Efficacité commerciale
La décision de faire appel à un prestataire commercial plutôt qu’à un chantier naval public a été motivée par des considérations de coût et d’efficacité. Les estimations initiales pour la mise hors service par un chantier naval public s’élevaient à 1,85 milliard de dollars (1,60 milliard d’euros) et auraient nécessité 15 ans.
La solution commerciale devrait prendre environ cinq ans et coûter à peu près la moitié, tout en libérant les chantiers publics pour l’entretien de la flotte en service.
Un modèle pour les futurs démantèlements
Le processus de retrait de service de l’Enterprise constitue un modèle essentiel pour l’avenir. La Marine devra à terme démanteler dix porte-avions de classe Nimitz, chacun abritant deux réacteurs.
En établissant ce cadre de démantèlement et en transférant le risque financier aux prestataires par le biais de contrats à prix ferme, la Marine se prépare à un effort industriel s’étalant sur plusieurs décennies pour retirer de service sa flotte nucléaire vieillissante.
(at)
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