Principaux renseignements
- L’insécurité professionnelle chez les employés belges a atteint 33 pour cent.
- Les jeunes générations sont les plus touchées par le syndrome de l’imposteur et le manque de confiance en soi.
- L’intégration de l’IA sape la confiance des employés et porte atteinte à l’autonomie humaine.
Une étude récente menée par Bright Plus et la Dre Hermina Van Coillie, l’experte en motivation, révèle une hausse significative de l’insécurité professionnelle chez les salariés belges.
Syndrome de l’imposteur
Actuellement, 33 pour cent des employés de bureau expriment des doutes quant à leurs propres compétences, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux 24 pour cent enregistrés en 2024. Ce phénomène est souvent lié au syndrome de l’imposteur, dans lequel les individus ont le sentiment que leurs réussites sont imméritées et craignent d’être démasqués comme incompétents, malgré un parcours couronné de succès.
Fossé générationnel
Cette tendance est particulièrement fréquente chez les jeunes employés. Environ 41 pour cent de la génération Z et 42 pour cent des milléniaux doutent d’eux-mêmes, contre seulement 20 pour cent de la génération X et 12 pour cent des baby-boomers.
Cet écart est en grande partie attribué à un manque d’expérience professionnelle, car la confiance en soi s’accroît généralement à mesure que les individus parviennent, au fil du temps, à mener à bien des tâches exigeantes.
Linda Cappelle, PDG de Bright Plus, met en garde contre le fait qu’une telle insécurité entrave le dialogue sur le lieu de travail et étouffe les idées innovantes, ce qui conduit finalement à une sous-utilisation des talents. Pour y remédier, les experts recommandent aux managers de fournir des retours spécifiques et détaillés plutôt que des compliments généraux. En effet, les employés en manque de confiance considèrent souvent ces derniers comme de simples marques de politesse.
Influence de l’IA
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) exacerbe encore davantage ces sentiments. Parmi les 70 pour cent d’employés utilisant l’IA, 28 pour cent déclarent se sentir moins compétents.
Le Dr Van Coillie explique que l’IA perturbe les besoins fondamentaux en matière de motivation. Elle réduit l’autonomie dans la manière dont le travail est exécuté, affaiblit les liens interpersonnels à mesure que les chatbots remplacent les collègues, et remet en question le sentiment de compétence lorsqu’une machine accomplit en quelques secondes une tâche qui prenait auparavant une heure. Cet effet est particulièrement marqué chez la génération Z (38 pour cent) et les milléniaux (33 pour cent), qui sont également en proie à des discours sur la disparition des postes de débutants.
Investir dans le facteur humain de l’IA
L’étude met en évidence un déséquilibre critique dans les investissements des entreprises. S’appuyant sur des données de Deloitte, elle souligne que 93 pour cent des dépenses liées à l’IA sont consacrées à la technologie, tandis que seulement 7 pour cent sont allouées à la formation du personnel.
Cappelle insiste sur le fait qu’investir dans le matériel sans soutenir le facteur humain creuse le fossé entre les attentes des entreprises et les capacités des employés. Elle soutient que les entreprises doivent amener leur personnel à considérer l’IA comme un outil complémentaire plutôt que comme un substitut aux compétences humaines.
(at)
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