68 pour cent des dirigeants belges intègrent l’IA, mais les inquiétudes concernant l’emploi persistent


Principaux renseignements

  • Les dirigeants belges font état de gains de productivité significatifs, malgré la crainte de pertes d’emplois à l’échelle du secteur.
  • L’utilisation secrète de « l’IA fantôme » révèle un fossé entre la politique d’entreprise et le comportement des employés.
  • Une transition stable nécessite des stratégies de formation continue axées sur l’humain, plutôt qu’une approche fondée uniquement sur l’optimisme individuel.

L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un élément incontournable du paysage professionnel belge, 68 pour cent des dirigeants déclarant l’avoir intégrée à leurs activités.

Relation complexe

Les données de l’Observatoire européen du numérique, une étude menée par l’Institut Bona Fidé pour le compte d’Inetum auprès de 2 400 cadres européens, mettent en évidence une relation complexe entre le leadership et cette technologie en pleine évolution. Si l’IA est largement adoptée pour des tâches allant du service client à la génération automatisée de rapports, elle suscite toutefois de vives inquiétudes quant à la stabilité de l’emploi.

Confiance en sa propre fonction

On observe un décalage notable entre la façon dont les cadres belges perçoivent leur propre sécurité et celle de leur secteur d’activité. Près de la moitié des personnes interrogées estiment que l’IA entraînera une réduction globale des emplois au sein de leur secteur spécifique. Cependant, seuls 32 pour cent craignent que leur propre poste soit menacé.

Gains de productivité et confiance élevée

Malgré ces inquiétudes, les avantages perçus de l’IA sont considérables. Les trois quarts des dirigeants belges affirment que cette technologie a stimulé leur productivité, et 64 pour cent font état d’une meilleure qualité de l’environnement de travail.

La confiance dans la fiabilité de l’IA générative est également élevée, 80 pour cent des cadres faisant confiance aux informations qu’elle fournit à des fins professionnelles.

Essor de « l’IA fantôme »

Il est intéressant de noter que cette confiance a entraîné une montée en puissance de l’« IA fantôme ». Environ 18 pour cent des cadres belges utilisent des logiciels qui n’ont pas été officiellement approuvés par leur entreprise, et près de la moitié admettent utiliser des outils d’IA en secret.

Cela suggère que, bien que la technologie soit bien accueillie, les cadres et directives officiels des entreprises n’ont pas su suivre le rythme de l’utilisation réelle, déplaçant ainsi le goulot d’étranglement des capacités techniques vers la gestion organisationnelle.

Appel à une réforme de l’éducation

Pour garantir une transition stable, un consensus se dégage de plus en plus sur la nécessité d’une éducation systémique. Environ 66 pour cent des cadres belges plaident en faveur de l’intégration de la culture numérique et de l’IA dans l’enseignement primaire ou au début du secondaire, un sentiment partagé dans toute l’Europe.

Stratégies d’intégration centrées sur l’humain

En fin de compte, le succès de l’intégration de l’IA dépend moins des logiciels que des stratégies en matière de ressources humaines. Eva Monsaert, directrice des ressources humaines chez Inetum Belgique, souligne que l’optimisme individuel ne peut se substituer à une stratégie d’entreprise collective et transparente.

Elle fait valoir que pour que l’IA soit un outil de transformation plutôt qu’une menace, les entreprises doivent donner la priorité à la mise à niveau des compétences et à des politiques de personnel responsables afin de garantir que la main-d’œuvre soit préparée pour l’avenir.

(at)

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