Des drones russes utilisent des composants occidentaux malgré les contrôles à l’exportation


Principaux renseignements

  • La Russie continue d’acheter du matériel électronique occidental pour fabriquer des armes sophistiquées, telles que ses drones Geran, largement utilisés.
  • Des réseaux tiers sophistiqués contournent efficacement les contrôles mondiaux à l’exportation.
  • Une application plus stricte des sanctions doit cibler les canaux d’approvisionnement illicites qui subsistent.

Lors du Forum de Varsovie sur la sécurité, l’Ukraine a exposé un drone Geran-2 saisi, ainsi que divers composants électroniques occidentaux récupérés sur des drones russes. Cette exposition, coordonnée par la Commission nationale de lutte contre la corruption (NAKO) avec le soutien du ministère des Affaires étrangères, a constitué une preuve tangible que l’industrie militaire de Moscou continue de dépendre fortement des technologies étrangères malgré des restrictions commerciales internationales prolongées.

Contourner les contrôles mondiaux à l’exportation

Une analyse technique révèle que des composants électroniques provenant de pays tels que le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, Taïwan, la Suisse et les États-Unis continuent d’apparaître dans l’armement russe. Cette tendance persiste même dans les drones à réaction de pointe, dont l’utilisation s’est généralisée en 2026.

La NAKO a souligné que ces composants ne sont pas simplement des stocks restants datant d’avant l’invasion de 2022. Au contraire, la présence de composants modernes suggère que la Russie utilise des réseaux tiers sophistiqués pour contourner les contrôles à l’exportation.

Application plus stricte des sanctions

Olena Tregub, directrice exécutive de NAKO, a exhorté les dirigeants occidentaux à réévaluer leurs stratégies en matière de sanctions, présentant cette question comme une nécessité cruciale pour la survie de l’Ukraine et la stabilité démocratique mondiale.

Ce sentiment a été repris lors d’une table ronde par le général Keith Kellogg, ancien envoyé spécial américain, qui a déclaré que l’effort de guerre était soutenu par ces flux technologiques illicites. Il a souligné que chaque pièce occidentale trouvée dans une usine russe signalait une défaillance dans l’application des règles relatives à la chaîne d’approvisionnement.

Dépendante de l’industrie étrangère

Abordant la complexité de la situation, David O’Sullivan, représentant de l’UE chargé des sanctions, a admis qu’il était difficile d’éliminer ces fuites. La Russie s’approvisionnant en pièces détachées via des pays qui ne respectent pas les mandats de l’Union européenne, l’UE doit renforcer sa coopération diplomatique avec ces intermédiaires afin de bloquer les canaux d’approvisionnement restants.

Au-delà des micropuces, la Russie reste dépendante des machines industrielles, des outils spécialisés et des matières premières importés, y compris les éléments de terres rares, malgré ses propres richesses naturelles considérables. Vladyslav Vlasiuk, commissaire présidentiel chargé de la politique des sanctions, a fait valoir qu’une approche plus globale était nécessaire pour paralyser ces importations.

Missile Kinzhal

Par ailleurs, les services de renseignement de la défense ukrainiens ont récemment mis au jour la chaîne de production du missile Kh-47M2 Kinzhal. Leurs conclusions ont permis d’identifier 58 entreprises contribuant à la fabrication de cette arme, dont 22 n’ont pas encore fait l’objet de sanctions internationales. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus