Principaux renseignements
- L’Inde cherche à établir un partenariat technologique avec la France pour un avion de combat de sixième génération.
- La France conserve la maîtrise de la conception globale afin d’éviter les conflits de gouvernance et de protéger sa souveraineté.
- Les objectifs nationaux restent prioritaires, l’Inde devant concilier ce projet avec son propre avion de combat furtif AMCA.
L’Inde a clarifié ses intentions concernant un éventuel partenariat avec la France pour un avion de combat de nouvelle génération. Lors du sommet NDTV Defence 2026, le ministre de la Défense Rajnath Singh a indiqué que New Delhi étudiait le développement ou l’acquisition d’un avion de combat de sixième génération.
Cette annonce fait suite à l’échec de l’alliance franco-allemande « Future Combat Air System » (FCAS), ce qui conduit Paris à rechercher de nouveaux partenaires tout en restant prudent quant à l’avenir du projet.
La France conserve le contrôle
Le ministère indien de la Défense a par la suite confirmé à la Lok Sabha que des discussions avaient été engagées en vue d’une adhésion à l’initiative menée par la France. Cependant, l’Inde ne cherche pas à jouer un rôle de copropriétaire à part entière du programme. La relation est plutôt envisagée comme un partenariat technologique dans lequel l’Inde intervient en tant que client et contributeur industriel.
Si New Delhi peut financer des recherches spécifiques et fabriquer certains composants, la France conservera la direction générale du projet. Dassault Aviation gardera le contrôle sur la conception, l’architecture et les capacités souveraines de l’avion.
Éviter les conflits de gouvernance
Cette approche structurée permet d’éviter les conflits de gouvernance qui ont miné le projet SCAF initial impliquant l’Allemagne et l’Espagne. En écartant un modèle de direction partagée, la France peut s’assurer que l’avion intègre ses propres exigences en matière de dissuasion nucléaire sans ingérence extérieure.
Dassault peut également préserver ses logiciels propriétaires et son expertise en matière de conception issue du Rafale et du Mirage 2000. En échange, l’Inde obtient l’accès à des lots de travaux spécifiques et à des avantages industriels sans pour autant acquérir une autonomie totale sur la technologie de base du système.
S’appuyer sur l’héritage du Rafale
Le nouvel avion devrait évoluer à partir des versions F4 et F5 du Rafale plutôt que de repartir de zéro. Cette continuité permet aux deux pays de tirer parti des investissements existants en matière de capteurs et d’armement. Cette synergie est renforcée par l’exploitation actuelle du Rafale par l’Inde et par ses projets d’intégration du Rafale M dans sa flotte de porte-avions.
Par ailleurs, des négociations sont en cours concernant 114 Rafale supplémentaires. Selon certaines informations, jusqu’à 90 d’entre eux pourraient être construits en Inde avec un taux de localisation de 60 pour cent.
Coopération industrielle et transfert de technologies
La coopération industrielle est déjà manifeste dans la production du radar RBE2, où des entreprises indiennes telles que Bharat Electronics Limited et SFO Technologies fabriquent du matériel qui est ensuite assemblé en France.
Alors que la localisation du matériel pourrait atteindre 50 pour cent, la France conservera le contrôle du logiciel de mission et de l’architecture du système. Grâce au projet de sixième génération, l’Inde espère acquérir une expertise en intelligence artificielle, en technologie furtive, en propulsion avancée et en collaboration entre appareils pilotés et non pilotés.
Projet AMCA de l’Inde
Malgré ces discussions, l’Inde continue de se concentrer en priorité sur l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), son projet national d’avion furtif de cinquième génération. Le ministère de la Défense a souligné que le partenariat français ne devait pas entraver les progrès de l’AMCA.
De plus, l’Inde entretient une relation consultative avec le Global Combat Air Programme (GCAP) mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, diversifiant ainsi son exposition technologique.
La gestion d’une flotte hétérogène — comprenant le Tejas, le Rafale, l’AMCA et le Su-30MKI — représente un défi logistique majeur en termes de formation et de maintenance. Cette coopération s’inscrit dans la lignée d’initiatives antérieures couronnées de succès, telles que les sous-marins Scorpène construits en Inde. En adoptant un modèle de transfert de technologie contrôlé plutôt qu’une gouvernance partagée, la France laisse la porte ouverte à d’autres partenaires potentiels, tels que la Grèce, l’Indonésie ou les Émirats arabes unis. (fc)
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