La sécheresse qui touche le port de la mer du Nord entraîne des pertes financières de plusieurs millions d’euros


Principaux renseignements

  • Une grave sécheresse a causé des pertes de plusieurs millions d’euros aux entreprises du Port de la Mer du Nord.
  • La capacité réduite des écluses et les faibles niveaux d’eau ont provoqué un engorgement logistique généralisé.
  • Des stratégies urgentes d’adaptation au changement climatique doivent garantir l’avenir économique de la région.

Le manque de précipitations pendant les mois d’été a entraîné des pertes financières s’élevant au total à plusieurs millions d’euros pour les entreprises actives dans le port de la mer du Nord. C’est ce qu’a déclaré Cas König, PDG de North Sea Port, à Belga. Selon König, la crise a atteint son paroxysme lorsque l’une des deux écluses maritimes de Terneuzen a été complètement fermée, tandis que la seconde était limitée à seulement quatre heures de fonctionnement par marée haute. Le port ne disposait donc que de huit heures de capacité totale de passage par jour.

Engorgement logistique

Ces restrictions ont provoqué un effet domino sur les réseaux maritimes de Terneuzen et de Gand. Ces deux sites étant situés en aval des écluses, les navires ont eu du mal à entrer ou à sortir, ce qui a entraîné des retards considérables. Cela a provoqué une double crise. Les navires ont d’abord dû faire face à de longues files d’attente aux écluses, puis, une fois celles-ci franchies, une demande massive de remorqueurs, de postes d’amarrage et d’espaces de stockage s’est immédiatement manifestée.

Risques liés aux infrastructures

De plus, la baisse du niveau de l’eau a contraint à réduire la profondeur autorisée des navires d’environ 25 centimètres. Pour respecter ces limites de sécurité, les navires ont dû réduire leur chargement ou attendre la marée haute. La situation est devenue si critique que certaines entreprises ont complètement abandonné le transport maritime, optant pour le transport routier afin d’acheminer leurs marchandises, un phénomène rare dans la région. König a souligné que ces restrictions étaient également indispensables pour protéger les ponts, les quais et autres infrastructures fluviales essentielles contre les dommages causés par les faibles niveaux d’eau.

Des pertes financières croissantes

La charge financière pour les entreprises était considérable. Outre le risque de perturbation des chaînes de production, les entreprises ont dû faire face à des frais de « surestarie ». Il s’agit de pénalités à payer lorsque les navires sont retenus plus longtemps que prévu. Bien que les autorités portuaires ne disposent pas du montant total exact des pertes, König a confirmé que l’impact sur les entreprises privées s’élevait à plusieurs millions.

Appel à l’adaptation au changement climatique

Anticipant que ces phénomènes météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents, North Sea Port appelle à la mise en place urgente de stratégies d’adaptation au changement climatique. L’organisation entend collaborer avec les acteurs du secteur et les autorités chargées de la gestion de l’eau afin de mettre en œuvre des mesures de protection techniques et organisationnelles contre les sécheresses et les inondations importantes. Étant donné que la puissance industrielle de Gand dépend du transport fluide des marchandises via le canal, König a souligné que l’observation passive n’était plus une option et qu’une action immédiate était nécessaire pour garantir l’avenir économique de la région. (ev)

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