Principaux renseignements
- La Russie utilise des technologies internationales provenant de cinq pays pour produire en série des drones Geran.
- Parmi ceux-ci figurent également deux pays européens : l’Allemagne et la Suisse.
- Les services de renseignement ukrainiens exhortent les entreprises mondiales à contrôler rigoureusement leurs chaînes d’approvisionnement.
Les services de renseignement militaire ukrainiens (HUR) ont révélé que la zone économique spéciale d’Alabuga, au Tatarstan, utilise 20 technologies internationales pour fabriquer différentes versions du drone Geran.
Selon les données publiées sur la plateforme War&Sanctions, le site emploie un large éventail d’outils industriels, notamment des perceuses et des fraiseuses, du matériel de soudure, des systèmes robotiques et des outils automatisés de placement de composants provenant d’Iran, de Suisse, du Japon, d’Allemagne et de Chine.
Équipements de haute technologie identifiés
Parmi les équipements de haute technologie spécifiquement identifiés figurent un centre de fraisage vertical de la société chinoise Shenyang Machine Tool Co, un système de placement automatisé de la société japonaise JUKI, ainsi qu’une ligne mécatronique Festo de fabrication allemande équipée d’un robot industriel Mitsubishi.
Le HUR a souligné que, bien que ces machines remplissent des fonctions diverses — allant de la métallurgie à l’assemblage de circuits imprimés en passant par la formation du personnel —, elles facilitent collectivement la production à grande échelle d’armement destiné à des cibles civiles.
Appels à un contrôle plus strict
En réponse à ces conclusions, les responsables ukrainiens exhortent les entreprises technologiques mondiales à mettre en place un contrôle plus strict concernant la destination finale et l’utilisation de leurs produits. Afin de garantir le respect de ces mesures, le HUR a suggéré que les entreprises procèdent à des inspections physiques sur les sites où leurs équipements sont censés être installés.
Recommandations aux fabricants
En outre, l’agence a indiqué que ces restrictions renforcées devraient s’étendre aux mises à jour logicielles, à la maintenance, aux pièces de rechange et aux consommables nécessaires. Les responsables du renseignement ont également recommandé aux fabricants de contrôler régulièrement leurs intermédiaires et distributeurs, en particulier ceux opérant dans des régions à haut risque.
Les entreprises sont encouragées à enquêter sur tout cas où leur matériel apparaîtrait au sein du secteur militaire russe, à retracer ces filières d’approvisionnement et à bloquer toute nouvelle livraison par l’intermédiaire des intermédiaires responsables.
Main-d’œuvre nord-coréenne
La croissance du site d’Alabuga serait soutenue non seulement par des machines étrangères, mais aussi par le recours massif à une main-d’œuvre nord-coréenne. Selon certaines estimations, environ 25 000 citoyens nord-coréens seraient employés dans les usines de défense russes, y compris à Alabuga, le Kremlin comptant de plus en plus sur ces travailleurs pour maintenir sa production d’armes. (fc)
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