Principaux renseignements
- La Chambre des représentants a adopté une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires du président en Iran.
- Les vetos présidentiels risquent de bloquer cette troisième tentative de mettre fin au conflit.
- Les coûts de la guerre dépassent les 38 milliards de dollars (environ 33 milliards d’euros) et font grimper l’inflation pour les électeurs.
Dans une nouvelle tentative visant à limiter les pouvoirs militaires du président américain, la Chambre des représentants a adopté pour la troisième fois une résolution sur les pouvoirs de guerre. La mesure vise à mettre fin à l’opération militaire américaine en Iran sans l’autorisation explicite du Congrès. Le vote s’est soldé mardi par 220 voix contre 204.
La résolution limite la capacité du président Donald Trump à poursuivre des opérations militaires sans l’approbation du Congrès. Comme lors des précédentes tentatives, la mesure a peu de chances d’entrer en vigueur. Trump devrait y opposer son veto, selon Euronews.
Évolution de la dynamique entre les partis
La résolution a obtenu un soutien légèrement plus important des deux partis que les versions précédentes. Sept représentants républicains ont voté avec les démocrates, contre quatre lors des précédents scrutins.
Parmi les républicains ayant voté en faveur de la résolution figurent des représentants de plusieurs États clés. Il s’agit notamment de l’Iowa, de la Caroline du Sud, du Michigan, de l’Ohio, de la Pennsylvanie et du Kentucky.
Affrontements idéologiques au Congrès
Le débat a mis en évidence les divergences entre les membres du Congrès. Le représentant Seth Moulton, ancien marine, a estimé que le Congrès devait exercer son rôle constitutionnel et contrôler les pouvoirs militaires du gouvernement. Il faisait notamment référence aux déclarations précédentes de Trump sur la durée du conflit.
Le républicain Brian Mast, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a en revanche défendu la stratégie actuelle. Selon lui, l’Iran reste une menace pour la sécurité des États-Unis. Mast a également affirmé que l’administration cherchait précisément à mettre fin aux conflits militaires prolongés.
Enjeux politiques avant les élections de mi-mandat
Le vote intervient à un moment important pour la politique américaine. Selon Euronews, il s’agit probablement du dernier vote de la Chambre sur la guerre en Iran avant les élections de mi-mandat. Le conflit, qui a débuté le 28 février, dure désormais depuis près de sept mois et se caractérise par des attaques de missiles intermittentes.
Les législateurs américains retourneront dans leurs circonscriptions à la fin de la semaine pour faire campagne. Il reste moins de 50 jours avant les élections qui détermineront quel parti contrôlera le Congrès.
Dans le même temps, les ménages américains ressentent les conséquences économiques du conflit. Les perturbations des transports pétroliers dans le détroit d’Ormuz ont exercé une pression à la hausse sur les prix de l’essence.
Le coût économique du conflit
Selon le Congressional Budget Office, la guerre avait déjà coûté plus de 38 milliards de dollars (environ 33 milliards d’euros) au 1er août. Les dépenses mensuelles se situent actuellement entre 2 milliards de dollars (environ 1,74 milliard d’euros) et 3 milliards de dollars (environ 2,62 milliards d’euros), selon l’intensité des combats.
Le bureau budgétaire prévoit également que l’inflation sera environ 0,5 point de pourcentage plus élevée que prévu initialement d’ici 2027 en raison de la guerre. L’impact économique du conflit occupe ainsi une place croissante dans le débat politique.
Autorité constitutionnelle et pouvoir exécutif
La Constitution américaine donne au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, tandis que le président peut également mener certaines opérations militaires en tant que commandant en chef. Le War Powers Act a été adopté après la guerre du Vietnam afin de mieux encadrer les pouvoirs du président.
La loi prévoit notamment que les opérations militaires prolongées doivent recevoir l’approbation du Congrès dans certains délais. La Chambre des représentants et le Sénat ont tenté ces derniers mois d’appliquer ces dispositions au conflit en Iran.
La Chambre avait déjà adopté des résolutions similaires en juin et en juillet. Le Sénat avait également voté en faveur d’une mesure visant à mettre fin à la guerre. Cette initiative avait toutefois été abandonnée le lendemain par des sénateurs républicains.
Perspectives de stabilité régionale
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a reconnu mardi que la hausse des prix des carburants exerçait une pression sur les ménages américains. Il a toutefois estimé que le conflit entrait dans une nouvelle phase grâce à un soutien accru des alliés internationaux.
Selon Johnson, une stabilisation de la région pourrait à terme entraîner une baisse des prix des carburants et des denrées alimentaires. Il s’agit d’une prévision formulée par le président républicain de la Chambre et non d’une perspective économique établie.(zvm)
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