Le nouvel avion de combat du GCAP pourra embarquer deux fois plus de munitions que le F-35


Principaux renseignements

  • Le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie développent un chasseur furtif de sixième génération, baptisé GCAP, dont la mise en service est prévue d’ici 2035.
  • Parmi ses caractéristiques techniques avancées figurent le contrôle autonome des avions d’escorte et une capacité en munitions deux fois supérieure à celle du F-35.
  • Des risques financiers considérables pèsent sur ce projet, les partenaires passant directement à la technologie de sixième génération.

Le Global Combat Air Programme (GCAP) est un projet commun ambitieux entre le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie visant à développer un chasseur furtif multirôle de sixième génération d’ici 2035.

Munitions et portée

Bien que les détails techniques spécifiques restent en grande partie classifiés, un représentant du ministère britannique de la Défense a indiqué que cet avion était destiné à gérer des coéquipiers autonomes et à disposer d’une capacité interne en munitions deux fois supérieure à celle du F-35.

Afin de garantir sa viabilité dans le Pacifique, le Japon insiste pour que l’autonomie de vol soit égale ou supérieure à celle du F-15J, afin de pallier les limites perçues de la portée du F-35.

Développement des moteurs

Le système de propulsion est développé dans le cadre d’un partenariat entre IHI Corporation, Avio Aero et Rolls-Royce. Ce consortium, officialisé sous la forme de la coentreprise Edgewing, a déjà franchi des étapes cruciales, notamment les essais concluants des conceptions de chambres de combustion et l’examen de plus de 100 pièces individuelles du moteur.

Bien qu’un modèle conceptuel ait été présenté au Salon aéronautique international de Farnborough, les responsables ont précisé qu’il s’agissait d’une démonstration technologique plutôt que d’un plan détaillé de l’appareil final. Si le développement se poursuit comme prévu, ces moteurs devraient être finalisés d’ici 2028.

Furtivité et guerre électronique

Au-delà de sa charge utile et de son rayon d’action, l’appareil devrait intégrer des matériaux de pointe absorbant les ondes radar ainsi qu’une géométrie avancée afin de minimiser sa signature radar. Il sera probablement équipé d’un système de guerre électronique autonome et haut de gamme, lui permettant d’opérer dans un espace aérien hostile sans dépendre d’un soutien externe en matière d’alerte précoce.

Risques financiers

Sur le plan financier, ce projet représente une entreprise colossale. Les investissements cumulés des trois partenaires s’élèvent actuellement à environ 18 milliards d’euros, le Royaume-Uni s’engageant à verser 8,6 milliards de livres sterling (10 milliards d’euros) sur une période de quatre ans, l’Italie s’engageant à verser 8,8 milliards d’euros et le Japon apportant 1,1 milliard d’euros cette année.

Malgré ces chiffres, le projet doit relever un défi financier et technique colossal. À titre de comparaison, le programme américain du F-35 a coûté environ 412 milliards de dollars (355 milliards d’euros) en 2022. Contrairement à Lockheed Martin, qui a pu s’appuyer sur des décennies d’expérience acquise dans le cadre des programmes F-117 et F-22, les partenaires du GCAP tentent de faire un bond en avant vers la technologie de sixième génération sans aucune expérience préalable dans le développement d’avions de combat furtifs.

Bien que certains estiment que le coût unitaire pourrait dépasser les 500 millions d’euros, le succès final du programme reste incertain compte tenu de l’ampleur considérable de l’investissement et de l’expertise requise. (fc)

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