Principaux renseignements
- Les États-Unis et le Mexique s’empressent de conclure un accord commercial bilatéral avant les élections de mi-mandat aux États-Unis.
- Le Mexique propose des contrôles plus stricts des investissements chinois afin d’obtenir des allègements tarifaires essentiels.
- Ce partenariat stratégique risque d’isoler le Canada, offrant ainsi aux États-Unis une victoire politique et économique.
À moins de deux mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, les responsables de Washington et de Mexico intensifient leurs efforts pour conclure un accord commercial bilatéral. Selon plusieurs sources proches du dossier, cette urgence s’est accrue suite à l’échec des négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada.
Calendrier politique
L’objectif principal des négociations est de conclure un accord temporaire. Le Mexique espère obtenir des exemptions de certains droits de douane américains, tandis que les États-Unis font pression pour des règles plus strictes concernant les investissements chinois et des pourcentages plus élevés de composants fabriqués aux États-Unis dans les véhicules.
Bien qu’aucune date butoir officielle n’ait été fixée, les deux administrations estiment qu’un accord conclu avant les élections constituerait une victoire politique significative, d’autant plus que le Parti républicain risque de perdre le contrôle du Congrès le 3 novembre.
Nécessité économique pour le Mexique
Pour le Mexique, les enjeux sont particulièrement importants en raison de l’instabilité économique et de la baisse des notations de crédit. Le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum considère qu’un accord commercial fructueux est un outil essentiel pour stabiliser les marchés et attirer les investisseurs.
Le Mexique a adopté une stratégie diplomatique et conciliante, qui contraste fortement avec l’hostilité actuelle entre les États-Unis et le Canada. Après que Washington eut imposé des interdictions sur diverses importations canadiennes et qu’Ottawa eut menacé d’imposer des droits de douane de rétorsion, le Mexique a décidé que la coopération était la voie la plus efficace pour obtenir un allègement tarifaire, d’autant plus que la grande majorité de ses exportations sont destinées au marché américain.
Répondre aux préoccupations des États-Unis en matière de sécurité
Dans le cadre de cet effort, la présidente Sheinbaum a récemment rencontré virtuellement le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick. Afin de répondre aux préoccupations des États-Unis concernant l’influence chinoise, Sheinbaum a proposé de nouvelles lois nationales qui permettraient au gouvernement mexicain d’examiner et éventuellement de bloquer les acquisitions étrangères d’entreprises locales — une mesure calquée sur les contrôles des investissements pratiqués aux États-Unis et au Canada.
Incertitude autour de l’USMCA
Les discussions bilatérales sont destinées à servir de solution provisoire tant que le pacte trilatéral plus large de l’USMCA reste dans l’incertitude. L’accord fait actuellement l’objet de révisions annuelles après que l’administration Trump a refusé en juillet un renouvellement à long terme, utilisant ce levier pour exiger davantage de concessions de la part de ses voisins.
Si le Mexique et le Canada soutiennent globalement une alliance tripartite, certains responsables mexicains estiment que leurs propres intérêts nationaux devraient primer sur ceux du Canada. Certains analystes suggèrent que les États-Unis pourraient tenter stratégiquement d’isoler Ottawa en concluant un accord avec le Mexique avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane canadiens en janvier.
« Section 232 » reste un dossier sensible
Des défis importants subsistent, notamment en ce qui concerne les droits de douane liés à la sécurité nationale au titre de la « section 232 » sur l’aluminium, l’acier et les automobiles. Actuellement, les véhicules mexicains sont soumis à un droit de douane de 25 pour cent, ce qui est supérieur aux taux négociés pour des partenaires tels que le Royaume-Uni, le Japon ou l’Union européenne.
Les experts du secteur suggèrent que les États-Unis pourraient proposer au Mexique un droit de douane réduit à 15 pour cent, susceptible de descendre à 7 pour cent si la part de composants américains est augmentée. En échange, le Mexique devrait probablement faire des concessions sur les exigences relatives aux logiciels, aux composants électroniques et aux moteurs de fabrication américaine, bien que les termes exacts de cette concession restent à définir.
(at)
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