L’Agence internationale de l’énergie atomique n’a pas pu effectuer de contrôles sur l’uranium enrichi de l’Iran depuis déjà six mois


Principaux renseignements

  • Les niveaux d’enrichissement d’uranium de l’Iran restent dangereusement proches de ceux requis pour la fabrication d’armes, sans vérification internationale.
  • La stratégie américaine privilégie désormais le contrôle du détroit d’Ormuz plutôt que le désarmement nucléaire.
  • Le rétablissement de la surveillance de l’AIEA reste le seul moyen de confirmer le statut nucléaire de l’Iran.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indique que les niveaux d’enrichissement de l’uranium iranien restent dangereusement proches du seuil de qualité militaire, et que les stocks n’ont pas fait l’objet d’une vérification internationale depuis près d’un an. Ce manque de surveillance a déclenché un débat à Washington sur la question de savoir si les États-Unis ont abandonné leur objectif premier — empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire — au profit de la sécurisation du détroit d’Ormuz.

Aucun contrôle depuis l’attaque des États-Unis

Les tensions actuelles trouvent leur origine dans les frappes militaires de février 2026, qui visaient des installations nucléaires iraniennes et ont coûté la vie au Guide suprême du pays.

Alors que Téhéran affirme qu’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 pour cent ont été détruits lors des attaques menées à Ispahan, Natanz et Fordow, l’AIEA n’a pas été en mesure de confirmer ces affirmations depuis plus de huit mois, ce qui suscite de graves inquiétudes quant à la prolifération nucléaire.

La lutte pour le détroit d’Ormuz

À la suite de ces frappes aériennes, le conflit s’est déplacé vers le détroit d’Ormuz, artère vitale pour l’approvisionnement mondial en pétrole. L’Iran a tenté de perturber le trafic maritime, ce qui a poussé les États-Unis à mettre en place un blocus naval connu sous le nom de « mur d’acier ».

Malgré une brève trêve et un protocole d’accord conclu en juin, le cessez-le-feu a volé en éclats. Depuis lors, la région est le théâtre d’attaques répétées contre des pétroliers et d’opérations de pose de mines, le président Trump affirmant la domination américaine sur cette voie navigable.

Autres priorités

Les détracteurs, parmi lesquels plusieurs législateurs démocrates, affirment que l’administration privilégie désormais les prix du pétrole et le trafic maritime au détriment du désarmement nucléaire. Ils suggèrent qu’en se concentrant autant sur le détroit, les États-Unis ont fait comprendre à Téhéran que le contrôle de cette voie navigable constituait un moyen de pression plus efficace que la mise au point d’une bombe nucléaire.

À l’inverse, l’administration soutient que le blocus est un outil de non-prolifération. En privant l’Iran de ses revenus pétroliers, les responsables affirment qu’ils l’empêchent de financer la reconstruction de son programme nucléaire. Ils affirment que, malgré l’absence d’inspecteurs de l’AIEA, la surveillance par satellite et depuis l’espace est suffisante pour surveiller les sites suspects.

Solutions possibles

L’absence de vérification sur le terrain reste une faiblesse majeure, obligeant les États-Unis à se fier à des estimations des dommages plutôt qu’à des données vérifiées. Pour y remédier, cinq stratégies potentielles ont été proposées. C’est ce qu’indique le site web National Security Journal.

Premièrement, les États-Unis pourraient donner la priorité au retour des inspecteurs de l’AIEA, même si cela nécessiterait probablement d’alléger les sanctions. Deuxièmement, le gouvernement pourrait rechercher un accord diplomatique officiel pour stabiliser le transport maritime par l’intermédiaire de médiateurs tiers tels qu’Oman. Troisièmement, l’administration pourrait persévérer dans sa stratégie actuelle de frappes tactiques et de blocus, malgré la pression exercée sur les stocks de munitions américains.

Quatrièmement, certains préconisent d’intensifier la pression militaire sur les installations côtières iraniennes, une mesure qui risque d’entraîner une guerre plus large et qui ne bénéficie pas du soutien de l’opinion publique. Enfin, les États-Unis pourraient réduire leur présence navale et s’appuyer sur l’effet dissuasif des frappes précédentes.

En fin de compte, ces options montrent que le conflit maritime et la menace nucléaire sont inextricablement liés. Tant que la vérification n’aura pas été rétablie, la sécurisation des voies maritimes ne permettra pas de déterminer si l’Iran est sur le point de posséder l’arme nucléaire. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus