Principaux renseignements
- Volodymyr Zelensky prévient que les drones ukrainiens rendent l’espace aérien russe dangereusement inaccessible.
- Les fréquents protocoles « Kovyor » provoquent un chaos généralisé dans le secteur aérien et des fermetures d’aéroports dans toute la Russie.
- Les campagnes de drones visent à alourdir le coût économique de la guerre afin de contraindre la Russie à négocier.
Le président Volodymyr Zelensky a averti les gouvernements internationaux, les assureurs et les compagnies aériennes que l’espace aérien russe deviendrait pratiquement inaccessible en raison du déploiement de drones ukrainiens.
Bien que le dirigeant ukrainien ait précisé que les avions civils n’étaient pas visés, il a souligné que toute compagnie aérienne assurant des vols vers les grands centres russes tels que Saint-Pétersbourg ou Moscou devait tenir compte des dangers accrus qui pèsent désormais dans le ciel. Il a déclaré que l’ère de la sécurité des vols au-dessus de la Russie était révolue, avertissant que les opérations de drones atteindraient une ampleur impossible à ignorer.
Le Kremlin parle de « terrorisme d’État »
Le Kremlin a interprété ces propos comme une menace directe à l’encontre des vols commerciaux, Vladimir Poutine qualifiant ce discours de « terrorisme d’État ». Cependant, les perturbations du trafic aérien russe sont déjà fréquentes. Depuis début 2022, les attaques de drones et de missiles ont entraîné des fermetures répétées d’aéroports.
Bien que les principaux aéroports de Moscou et de Saint-Pétersbourg soient réservés à un usage civil — l’aviation militaire étant gérée par des bases militaires distinctes situées à proximité —, ils ont souvent été contraints de suspendre leurs opérations lors d’incursions massives de drones.
Les aéroports sont régulièrement fermés
Entre février 2023 et mai 2025, les autorités aériennes russes ont déclenché les protocoles « Carpet » (Kovyor) au moins 366 fois. Cette mesure de sécurité d’urgence est conçue pour dégager immédiatement l’espace aérien dès la détection d’une menace pour la sécurité. Ces événements ont provoqué un chaos généralisé, notamment des évacuations de terminaux, le transfert de passagers vers des bunkers et l’annulation de nombreux vols internationaux.
Les grands aéroports tels que Sheremetyevo, Domodedovo, Vnukovo et Joukovski, ainsi que les aéroports régionaux de villes comme Sotchi, Saratov et Kazan, ont été fortement touchés. À une occasion, une frappe contre un centre de navigation à Rostov-sur-le-Don a contraint 13 aéroports du sud à cesser simultanément leurs activités.
Vols internationaux et intérieurs
Malgré ces risques, diverses compagnies aériennes étrangères continuent de desservir la Russie. Parmi elles figurent des transporteurs du Moyen-Orient comme Emirates, Qatar Airways et Etihad, ainsi que des compagnies turques telles que Turkish Airlines et Pegasus. Les principaux opérateurs chinois, notamment Air China et China Southern, maintiennent leurs liaisons, tout comme plusieurs compagnies aériennes d’Afrique et des pays alliés voisins d’Asie centrale, du Caucase et des Balkans.
Au niveau national, des transporteurs comme Aeroflot et S7 continuent d’assurer leurs vols. Cela contraste fortement avec la situation en Ukraine, où tous les aéroports commerciaux sont restés fermés depuis le début du conflit, obligeant les voyageurs à entrer dans le pays par voie terrestre depuis les États voisins. Il convient de noter que l’avion présidentiel ukrainien est actuellement stationné en Pologne.
Mesures de rétorsion
L’objectif stratégique des campagnes de drones menées par l’Ukraine est d’accroître le coût économique et psychologique du conflit pour la population russe, afin de contraindre éventuellement le Kremlin à entamer des négociations de paix et à procéder à un retrait militaire complet. À l’inverse, Poutine a rejeté ces ouvertures, affirmant qu’il ne négocierait pas avec des « terroristes ».
À mesure que le conflit évolue, le risque d’une escalade des représailles se fait sentir. La Russie a déployé des armes de pointe, notamment le drone à réaction Geran 3, qui pourrait dépasser les capacités de défense ukrainiennes. De plus, les frappes russes visent de plus en plus les infrastructures ukrainiennes, en particulier les réseaux énergétiques à Odessa et les dépôts d’armes près de Kiev, ce qui a gravement entravé les exportations de céréales et les importations militaires.
Incertitude
Il est encore difficile de déterminer si les avertissements de Zelensky signalent un changement de stratégie ou s’il s’agit simplement de guerre psychologique. Compte tenu du volume massif de drones nécessaires à de telles opérations, certains se demandent si l’Ukraine possède la capacité de soutenir cette pression. Parallèlement, la Russie intensifie ses efforts pour détruire les usines de drones ukrainiennes et a mis en garde les fournisseurs internationaux, en particulier ceux basés en Grande-Bretagne, contre d’éventuelles répercussions. (fc)
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