Principaux renseignements
- La Russie fournit secrètement à l’Iran la technologie des missiles de croisière supersoniques.
- Des moteurs statoréacteurs spécialisés permettent à Téhéran de contourner les défenses antimissiles régionales.
- La mer Caspienne sert de couloir sécurisé pour les livraisons militaires.
Un reportage d’investigation du Financial Times a révélé l’existence d’une opération clandestine baptisée « C430L », dans le cadre de laquelle la Russie fournit à l’Iran une technologie de missiles sophistiquée. Lancé en 2023 et s’étendant jusqu’en 2026, ce programme secret est axé sur le développement de missiles de croisière supersoniques.
Propulsion supersonique
L’objectif principal de cette collaboration est d’aider Téhéran à maîtriser la propulsion par statoréacteur. Ces moteurs spécialisés permettent aux missiles de croisière de voyager à une vitesse plusieurs fois supérieure à celle du son, une avancée technique que les ingénieurs de la défense iraniens avaient jusqu’alors du mal à réaliser.
Selon les spécialistes, de telles capacités renforceraient considérablement la capacité de l’Iran à cibler des sites terrestres et des flottes navales, en contournant potentiellement les réseaux de défense antimissile existants au Moyen-Orient.
Opération secrète
L’opération a été orchestrée par NPO Mashinostroyenia, un sous-traitant du secteur de la défense, et Rosoboronexport, l’organisme public russe chargé du commerce des armes. Pour faciliter le projet, des experts russes de haut niveau en propulsion et des concepteurs de missiles se sont rendus fréquemment en Iran.
Des documents divulgués indiquent que les ingénieurs russes ont analysé les données issues des essais en vol iraniens afin de résoudre des défaillances critiques liées à l’écoulement de l’air, aux systèmes de carburant et à la combustion au sein des prototypes de missiles.
Mer Caspienne
Ce transfert de technologie s’inscrit dans le cadre d’une alliance militaire stratégique plus large. La Russie a également utilisé la mer Caspienne comme corridor sécurisé pour acheminer des munitions, des explosifs et des pièces de drones vers Téhéran, évitant ainsi efficacement toute détection par les forces navales occidentales et reconstituant les arsenaux iraniens après les conflits avec Israël et les États-Unis.
Des gains économiques
Parallèlement à ces activités militaires, la Russie a connu un essor économique temporaire. Au deuxième trimestre, les recettes d’exportation ont augmenté de 27 pour cent pour atteindre 125,7 milliards de dollars (108,3 milliards d’euros), alimentées par la hausse des exportations agricoles et la flambée des prix mondiaux de l’énergie provoquée par l’instabilité au Moyen-Orient.
Ces facteurs, en particulier la hausse du coût du brut de l’Oural, ont entraîné un afflux de devises étrangères qui a renforcé le rouble vers la fin du mois de mai. (fc)
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