Principaux renseignements
- La Russie fournit à l’Iran des drones Shahed améliorés dotés d’une résistance supérieure au brouillage.
- Moscou partage des renseignements classifiés pour aider Téhéran à cibler des sites militaires américains.
- Ces drones à faible coût épuisent les stocks coûteux d’intercepteurs ennemis grâce à des attaques de saturation.
Moscou aurait fourni à Téhéran des versions modernisées des drones kamikazes Shahed, ce qui coïncide avec une intensification des attaques aériennes iraniennes contre des cibles régionales et des installations militaires américaines. Des renseignements provenant de sources occidentales et d’Ukraine suggèrent que certaines de ces opérations ont utilisé des systèmes modifiés ou fabriqués par la Russie, visant spécifiquement à améliorer les liaisons de communication, la précision de navigation et la capacité à résister au brouillage électronique.
Bien que ce drone soit une invention iranienne, son utilisation intensive dans le conflit en Ukraine et l’intensification de sa production en Russie ont conduit à d’importantes améliorations techniques.
Échange de renseignements
En juillet, les services de renseignement américains ont souligné qu’il était fort probable que la Russie ait partagé des données classifiées sur les cibles avec l’Iran afin de faciliter les attaques contre des sites de la CIA au Moyen-Orient. Cet échange fait écho au partage de renseignements stratégiques que l’Occident a fourni à l’Ukraine pour cibler des cibles russes hautement prioritaires. En fournissant des drones plus sophistiqués parallèlement à des renseignements, Moscou vise à intensifier la pression sur les forces militaires occidentales.
L’économie de l’usure
La série Shahed s’est fait connaître dans le monde entier pour ses capacités à longue portée et son faible coût, permettant à ses opérateurs de saturer les défenses aériennes par leur nombre. En Ukraine, ces drones ont réussi à neutraliser des avions de chasse au sol et des infrastructures critiques, telles que les systèmes d’alerte précoce aéroportés et les radars de missiles.
Si les missiles balistiques et de croisière sont plus puissants, leur coût extrêmement élevé en limite l’utilisation. En revanche, les drones de type Shahed permettent des frappes continues et à longue distance sur des centres logistiques et des bases militaires, tout en épuisant le stock de missiles intercepteurs coûteux de l’ennemi.
Contourner la défense aérienne
Les modifications apportées par la Russie au Shahed-136 sont particulièrement cruciales compte tenu des réseaux de défense aérienne sophistiqués déployés par les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient. Si les contributions de la Corée du Nord aux efforts militaires russes ont davantage retenu l’attention, le rôle de l’Iran a été considérable, notamment grâce à son soutien fondamental aux opérations de drones russes. (fc)
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