Bart De Wever doit trouver 10 milliards d’euros : de nouvelles taxes ou de nouvelles coupes budgétaires ?


Principaux renseignements

  • Bart De Wever envisage un ajustement budgétaire de 10 milliards d’euros pour mettre fin à une spirale financière.
  • Les experts préviennent que des coupes insuffisantes pourraient déclencher un effet boule de neige sur la dette d’ici 2031.
  • Les partis de la coalition s’affrontent sur la question de savoir s’il faut mettre en place de nouvelles taxes ou procéder à des coupes budgétaires plus importantes.

Bart De Wever se prépare à une confrontation politique à haut risque portant sur 10 milliards d’euros afin d’éviter une spirale financière. Suite aux avertissements du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque nationale de Belgique (BNB) concernant une explosion potentielle du déficit, le Premier ministre prévoit d’organiser des réunions individuelles avec ses vice-premiers ministres la semaine prochaine.

L’objectif est de parvenir à un accord budgétaire définitif d’ici le 13 octobre, ou peu après, éventuellement lors d’un sommet à huis clos.

La menace d’un effet boule de neige financier

L’urgence est dictée par des prévisions financières sombres. Les données de la BNB et du FMI indiquent que, sans intervention, le déficit public passerait de 5,2 pour cent du PIB en 2025 à 5,8 pour cent d’ici 2031. Si les coupes budgétaires actuelles du gouvernement « de l’Arizona » dans les domaines de la santé, du chômage et des retraites atténuent les dégâts — en empêchant une flambée vers les 8 pour cent —, elles sont insuffisantes pour stabiliser le budget.

Les experts préviennent que l’absence de mesures correctives plus profondes pourrait déclencher un « effet boule de neige » d’ici 2031, où la dette augmenterait de manière autonome car les taux d’intérêt dépasseraient la croissance économique nominale.

Législation européenne

Alors que le FMI a suggéré une trajectoire rigoureuse visant à ramener le déficit à 3 pour cent d’ici la fin du mandat, De Wever a opté pour un objectif moins ambitieux. Il vise un ajustement de 10 milliards d’euros afin de ramener le déficit à 4,4 pour cent d’ici 2029.

Bien que cela dépasse les exigences minimales des lois budgétaires européennes, un resserrement aussi important devrait freiner une économie déjà en perte de vitesse.

Impôts ou mesures d’austérité ?

Le principal conflit porte désormais sur la manière de trouver ces fonds. La plupart des économies ont été réalisées grâce à des réductions des dépenses, mais plusieurs partis de la coalition s’opposent à de nouvelles mesures d’austérité. À l’inverse, les recettes publiques devraient baisser d’environ 5 milliards d’euros en raison des réductions prévues de l’impôt sur le revenu des personnes physiques.

Par conséquent, le gouvernement doit décider s’il convient d’introduire de nouvelles taxes ou de supprimer des niches fiscales pour compenser ces pertes. Parmi les options possibles figure la réintroduction de mesures relatives à la TVA précédemment rejetées, qui pourraient rapporter 750 millions d’euros.

Clivages idéologiques

Les tensions politiques autour de ces sources de recettes atteignent leur paroxysme. Des partis tels que Vooruit, le cd&v et Les Engagés sont ouverts à des mesures d’austérité, à condition qu’un effort correspondant soit consenti pour augmenter les recettes.

Cette dernière condition ne convient toutefois pas à la N-VA. Le MR s’oppose également farouchement à toute nouvelle taxe. Le chef du MR, Georges-Louis Bouchez, affirme que le gouvernement a déjà exploité au maximum ses possibilités de générer des recettes.

Continuer à faire des économies à l’avenir

Même si un accord est conclu en octobre, cet effort de 10 milliards d’euros ne constitue qu’une solution temporaire ; des mesures d’austérité d’une ampleur similaire seront probablement nécessaires lors de la prochaine législature.

Ce défi futur pourrait imposer un débat délicat sur la réforme de l’État afin de garantir que les gouvernements régionaux et communautaires contribuent également à la santé budgétaire. Pour De Wever, cependant, la priorité immédiate reste de respecter l’échéance de mi-octobre. (fc)

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