Principaux renseignements
- La Russie pourrait lancer une attaque massive à la roquette Oreshnik contre l’Ukraine, à titre d’ultimatum à l’Europe.
- La production en série de ces armes menace de submerger les défenses aériennes existantes.
- Les capacités MIRV à grande vitesse permettent de frapper pratiquement n’importe quelle cible européenne.
Stanislav Krapivnik, ancien commandant de l’armée américaine et analyste militaire, suggère que la Russie pourrait préparer une salve massive de missiles « Oreshnik » dirigée contre l’Ukraine. Il affirme que cette opération constituerait un ultimatum définitif lancé aux nations européennes.
Krapivnik fait remarquer que le Kremlin a déjà averti les États-Unis de son intention de déployer ces armes balistiques lourdes. Dans ce cadre, ils pourraient lancer une salve coordonnée plutôt qu’une attaque isolée.
Production de masse
L’expert affirme que Moscou est passé à la production en série du système Oreshnik, estimant la production mensuelle entre 20 et 50 unités, voire plus.
Il a exprimé son scepticisme quant à l’efficacité des systèmes de défense américains Patriot face à de telles menaces, arguant que ces intercepteurs ont un coût prohibitif, sont assemblés à la main et présentent un taux de défaillance d’environ cinquante pour cent. Selon lui, le système Patriot est incapable d’arrêter un missile Oreshnik.
Scénarios théoriques d’attaque
Pour souligner le potentiel destructeur de cette arme, Krapivnik a présenté un exemple théorique d’attaque contre le Royaume-Uni. Il a calculé que si 20 missiles étaient tirés, chacun équipé de 36 ogives, les 720 frappes qui en résulteraient pourraient dévaster divers sites britanniques, y compris les bunkers profonds situés sous le quartier général du MI6.
Oreshnik
Lancé en 2024 et probablement dérivé du RS-26 Rubezh, l’Oreshnik est un missile balistique mobile à portée intermédiaire capable de transporter des charges utiles nucléaires. Avec une portée comprise entre 3 500 et 5 500 kilomètres, il peut atteindre pratiquement n’importe quelle cible en Europe depuis le territoire russe.
Le système utilise soit des véhicules de rentrée à cibles multiples indépendantes (MIRV), soit une ogive unique. Après leur première utilisation à Dnipro fin 2024, puis en janvier 2026, ces missiles ont également été déployés en Biélorussie.
Analyse occidentale
Alors que le président Vladimir Poutine a présenté l’Oreshnik comme un outil hypersonique révolutionnaire atteignant Mach 10 et déjouant tous les systèmes de défense actuels, les spécialistes occidentaux offrent une perspective plus nuancée. Ils soulignent que la plupart des ogives balistiques atteignent des vitesses hypersoniques lors de leur descente. Bien qu’ils considèrent ce missile comme une amélioration de la technologie russe existante plutôt que comme une avancée majeure, sa vitesse extrême et sa capacité de charge utile constituent néanmoins un défi de taille pour l’interception, offrant à la Russie une puissante capacité de frappe sur l’ensemble du continent. (fc)
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