Les négociations budgétaires en Belgique approchent à grands pas : quel sera le montant des économies à réaliser ?


Principaux renseignements

  • La Belgique doit réaliser 10 milliards d’euros d’économies pour éviter une spirale de la dette publique.
  • Les membres de la coalition ont jusqu’au 13 octobre pour finaliser ces coupes budgétaires.
  • Le Premier ministre Bart De Wever démissionnera si le gouvernement ne parvient pas à rétablir la stabilité financière.

Le gouvernement fédéral belge se prépare à mener des négociations financières rigoureuses afin d’identifier 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Si des sources gouvernementales estiment que cet objectif est réalisable, son succès dépendra entièrement de la volonté de tous les membres de la coalition de faire des compromis importants.

L’ampleur de la crise financière

Cette nouvelle initiative budgétaire a été mise en place par le noyau dur du gouvernement avant la pause estivale. D’ici 2029, l’administration dirigée par Bart De Wever vise à mobiliser ces fonds, en complément des mesures précédentes qui totalisaient déjà 32 milliards d’euros.

Bien que le respect des exigences européennes en matière de dépenses d’ici la fin du mandat nécessite techniquement 7,7 milliards d’euros, les projections du FMI indiquent que ce besoin grimpera à 10 milliards d’ici 2031.

Paiements d’intérêts

On craint fortement que les paiements d’intérêts sur la dette publique ne dépassent la croissance du PIB d’ici 2031, déclenchant ainsi une dangereuse spirale financière. Ce scénario catastrophique est considéré comme quasi inévitable à moins que des mesures drastiques ne soient prises dès maintenant.

De plus, d’éventuelles instabilités économiques mondiales — telles que la volatilité découlant des politiques présidentielles américaines — pourraient accélérer cette crise, plaçant la Belgique dans le collimateur des marchés financiers plus tôt que prévu.

Éviter le piège de l’endettement

Poussé par un profond sentiment d’urgence, le « Seize » (le groupe restreint du gouvernement) vise un objectif d’économies supérieur au strict minimum afin d’éviter le piège de la dette évoqué plus haut. Le processus budgétaire actuel est devenu, en substance, un accord gouvernemental de second ordre.

La logique dominante est la suivante : tout homme politique qui tenterait de marquer des points en refusant un compromis aujourd’hui se retrouvera inévitablement confronté à un programme d’austérité trois fois plus sévère et bien moins efficace. Lors des précédentes négociations budgétaires également, les objectifs fixés au départ étaient ambitieux. Cependant, en raison des nombreux compromis, le résultat final s’est chaque fois avéré inférieur aux espérances. On craint que ce soit à nouveau le cas cette fois-ci.

Les vetos des différents partis

Les négociations officielles entre le Premier ministre et les vice-Premiers ministres devraient débuter la semaine prochaine, sur la base d’une liste de mesures potentielles analysées par le Bureau du budget.

Certaines options sont d’ores et déjà considérées comme hors de question. Réduire l’enveloppe annuelle de 5 milliards d’euros allouée à la Défense est jugé impossible, et les partenaires de centre-droit refusent de renoncer aux baisses d’impôts promises. Cependant, ces réductions d’impôts alourdiront le déficit de 5 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030. Pour compenser cette perte sans freiner la croissance économique, le gouvernement pourrait être contraint de réexaminer les réformes de la TVA, malgré les tensions politiques provoquées par les tentatives précédentes.

Date limite : 13 octobre

La date butoir pour trouver une solution est fixée au 13 octobre, date à laquelle la Commission européenne attend le plan budgétaire de la Belgique et à laquelle le Premier ministre prononcera son discours sur « l’état de l’Union » devant le Parlement. Le gouvernement est déterminé à éviter que ne se répète l’échec de l’année dernière, qui avait entraîné le recours aux douzièmes provisoires et nécessité une intervention royale.

Le Premier ministre De Wever a explicitement déclaré que son objectif premier était d’assainir les finances de la nation. Il a indiqué qu’il ne resterait pas en fonction si cet objectif s’avérait irréalisable. Même avec l’objectif actuel de 10 milliards d’euros, le budget ne sera pas entièrement assaini. De Wever estime qu’un effort similaire sera nécessaire au cours du prochain mandat, bien qu’il soutienne qu’une telle stabilité financière est impossible sans s’attaquer simultanément aux réformes institutionnelles. (fc)

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