Près de la moitié des entreprises belges n’ont pas de vue d’ensemble sur l’absentéisme pour cause de maladie


Principaux renseignements

  • En général, les entreprises belges n’ont pas une vision suffisamment claire des tendances en matière d’absentéisme pour cause de maladie et des coûts financiers qui en découlent.
  • Les grandes entreprises dotées de services RH dédiés suivent les arrêts maladie de manière bien plus efficace que les petites entreprises.
  • Les nouvelles politiques gouvernementales obligent les employeurs à supporter davantage de coûts, rendant ainsi indispensables les stratégies préventives.

Une récente enquête menée par l’agence de prévention et de bien-être Mensura révèle un écart significatif dans la manière dont les entreprises belges gèrent les arrêts maladie de leurs salariés. Environ 46 pour cent des entreprises ne surveillent pas les tendances en matière d’absentéisme, et seules 20 pour cent ont pleinement conscience de la charge financière annuelle causée par les arrêts maladie de leur personnel.

L’influence de la taille de l’entreprise

Les données mettent en évidence un clivage marqué en fonction de la taille et de l’infrastructure de l’entreprise. Dans les petites entreprises comptant moins de dix salariés, plus de la moitié manque de visibilité sur les absences pour cause de maladie.

À l’inverse, seules 5 pour cent des grandes organisations de plus de 250 salariés sont confrontées à ce problème, 60 pour cent de ces grandes entreprises mettant en œuvre un suivi rigoureux. La présence d’un service RH dédié est un facteur déterminant dans l’efficacité de la gestion de ces données.

Formalités administratives ou analyse stratégique ?

Actuellement, seules 23 pour cent des entreprises interrogées analysent systématiquement leurs données internes relatives aux arrêts maladie afin d’identifier des tendances entre les différents services ou d’en déterminer les causes sous-jacentes.

Bart Teuwen, expert chez Mensura, note que près des deux tiers des entreprises qui ignorent ces tendances le font parce qu’elles considèrent les arrêts maladie comme une simple formalité administrative plutôt que comme un enjeu stratégique. Il souligne qu’il est crucial pour la croissance de l’organisation de comprendre si les absences de courte durée sont en hausse ou si certaines équipes sont plus touchées que d’autres.

Nouvelles charges financières liées à la législation

Les enjeux financiers pour les employeurs devraient s’alourdir en raison des nouvelles politiques gouvernementales mises en place sous l’administration De Wever. Dans le but de réduire l’invalidité de longue durée et d’encourager la réinsertion, le gouvernement exigera des entreprises comptant 50 salariés ou plus qu’elles prennent en charge 30 pour cent des indemnités versées au cours des deuxième et troisième mois d’absence. Cette obligation s’étendra aux quatrième et cinquième mois à compter de 2027.

Stratégies de prévention

Ces changements législatifs signifient que les entreprises ressentiront plus vivement l’impact économique de l’absentéisme. Teuwen soutient qu’il est désormais essentiel pour les entreprises de recenser les coûts et les causes des arrêts de travail afin de mettre en œuvre des stratégies de prévention ciblées.

Alors que Mensura a constaté que la plupart des entreprises disposent de politiques de base pour signaler les arrêts maladie, elles manquent généralement de stratégies globales de prévention à long terme et de réinsertion professionnelle.

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