Principaux renseignements
- Les coûts extrêmement élevés et la faible capacité de production rendent impossible la fabrication en grande série des avions de chasse F-47.
- L’énorme capacité de production de la Chine lui confère un avantage numérique insurmontable.
- En raison de la désindustrialisation, les États-Unis ne sont pas en mesure de survivre à un conflit entraînant de lourdes pertes.
Le projet de l’armée de l’air américaine visant à développer le chasseur furtif de sixième génération F-47 se heurte à des contradictions logistiques et financières fondamentales. Avec un coût estimé à 300 millions de dollars (258 millions d’euros) par appareil, le coût exorbitant et la sophistication technique de ce programme le rendent pratiquement irréalisable.
Pour justifier cet investissement, l’armée vise une flotte de 185 à 200 appareils. Cependant, l’état actuel de la capacité industrielle américaine, en déclin, rend la réalisation de ces objectifs de production hautement improbable. Cela peut poser problème lors de la préparation d’un affrontement avec une grande puissance comme la Chine.
Le déséquilibre numérique face à la Chine
À l’inverse, la Chine dispose d’un avantage numérique significatif dans le domaine de l’aviation de pointe. Pékin exploite déjà plus de 300 chasseurs de cinquième génération J-20, peaufine le J-35 et a dévoilé des prototypes d’avions de sixième génération. Compte tenu de l’échelle de production supérieure de la Chine, l’idée que les États-Unis puissent aligner un nombre comparable d’avions de haut de gamme est irréaliste. Dans un conflit de haute intensité, tel qu’un affrontement au sujet de Taïwan, les États-Unis subiraient des taux d’attrition insoutenables.
Si un petit groupe de F-47 pourrait offrir un avantage tactique initial, il ne saurait rivaliser avec le volume considérable d’avions dont dispose la Chine. Une fois ces moyens américains coûteux perdus, les États-Unis auraient du mal à les remplacer, tandis que la Chine pourrait facilement compenser ses pertes.
Nombre limité d’avions furtifs
Cette vulnérabilité s’étend à d’autres moyens furtifs. Le nombre limité de F-22 et l’état de préparation au combat irrégulier de la flotte de F-35, combinés à une pénurie de bombardiers à longue portée B-2 et B-21, empêchent les États-Unis de mener une campagne offensive prolongée à proximité du territoire chinois.
Les drones comme complément ?
Pour pallier ce déficit en appareils, le Pentagone s’appuie sur l’initiative « Loyal Wingman ». Cette stratégie consiste à faire en sorte que le F-47 contrôle un essaim de plus de 1 000 drones « Collaborative Combat Aircraft » (CCA) destinés à servir de boucliers, de leurres et de multiplicateurs de force.
Cependant, cette solution se heurte au même obstacle systémique : la Chine excelle déjà dans le développement et la production en série de drones. Les systèmes sans pilote de Pékin sont généralement plus abordables et produits en quantités bien plus importantes que ceux de l’Occident.
La crise de la désindustrialisation américaine
En fin de compte, le projet F-47 met en lumière une crise plus profonde de la désindustrialisation aux États-Unis. Au cours des quatre dernières décennies, les États-Unis ont perdu la capacité de fabriquer des armes à l’échelle nécessaire pour faire face à un adversaire de même niveau. En se concentrant sur des plateformes de plus en plus complexes et hors de prix qui ne peuvent être produites en volume suffisant, le Pentagone ignore une réalité mathématique fondamentale. Le désavantage stratégique ne réside pas dans un échec technologique, mais dans un manque de capacité ; un chasseur de pointe est inefficace s’il est trop coûteux à construire et trop peu nombreux pour survivre à une guerre d’usure. (fc)
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