Principaux renseignements
- La Belgique a envoyé des F-16 en Islande afin de renforcer les opérations « Arctic Sentry » de l’OTAN.
- Ces avions de chasse obsolètes seront transférés en Ukraine maintenant que la Belgique met en service les F-35.
- L’OTAN intensifie la surveillance dans le Grand Nord afin de contrer l’influence russe et chinoise.
Dans le cadre d’un effort coordonné de l’OTAN visant à sécuriser le Grand Nord, la Belgique a dépêché une centaine de militaires et quatre avions de chasse F-16 Fighting Falcon à la base aérienne de Keflavik, en Islande. C’est la deuxième fois cette année que des moyens aériens belges sont stationnés près de Reykjavik.
Au cours du mois à venir, ces appareils apporteront leur soutien à la mission de défense aérienne islandaise. Ils seront également intégrés aux opérations « Arctic Sentry », qui visent à renforcer les capacités conjointes de sécurité et de surveillance de l’Alliance dans la région.
Soutien à l’Ukraine
La composante aérienne belge gère actuellement une flotte d’environ 53 F-16 conformes à la norme MLU, composée de neuf avions d’entraînement biplaces et de 44 modèles monoplaces. Il s’agit d’une réduction significative par rapport aux 160 avions initialement achetés entre 1979 et 1991.
Alors que la Belgique passe à la cinquième génération avec le F-35 Lightning II, le gouvernement prévoit de transférer ses anciens F-16 à l’Ukraine sur plusieurs années. Ce transfert progressif vise à garantir que la Belgique conserve une puissance aérienne nationale suffisante pour répondre à ses besoins en matière de sécurité intérieure et honorer ses engagements internationaux envers l’OTAN.
Évolution vers une défense intégrée
Ce tout dernier déploiement fait suite à de récentes missions belges en Roumanie, en Estonie et en Lituanie. Il s’inscrit également dans le cadre d’une réorientation stratégique de l’OTAN vers un système intégré de défense aérienne et antimissile (IAMD).
Ce nouveau cadre combine la surveillance aérienne traditionnelle à une stratégie de défense avancée à plusieurs niveaux. L’IAMD comprend différents moyens, notamment des systèmes de défense antimissile terrestres, des technologies de lutte contre les drones et des avions d’alerte rapide (QRA). Ceux-ci sont prêts à intercepter toute activité aérienne suspecte.
Sécurisation du « GIUK Gap »
La nécessité d’une protection extérieure en Islande découle du fait que le pays ne dispose pas de ses propres forces armées. Compte tenu de sa situation géographique cruciale au sein du « GIUK Gap », le couloir maritime stratégique entre le Royaume-Uni, le Groenland et l’Islande, les alliés de l’OTAN effectuent depuis 2008 une rotation d’avions à Keflavik afin de maintenir une présence sécuritaire.
Bien que l’Islande ne dispose pas de force aérienne, l’Alliance coopère avec les garde-côtes du pays pour surveiller la zone.
Tensions croissantes dans le Grand Nord
L’OTAN a renforcé son attention portée à l’Arctique et au Grand Nord en raison de l’apparition de nouvelles routes maritimes suite à la fonte des glaces. Ce changement environnemental a entraîné une intensification des manœuvres militaires russes et des ambitions commerciales grandissantes de la Chine.
Pour faire face à cette nouvelle dynamique, l’OTAN a lancé en février l’initiative « Arctic Sentry » afin de mieux coordonner les patrouilles navales et la surveillance aérienne. Cette initiative bénéficie en outre du soutien d’un Centre d’opérations aériennes combinées récemment créé à Bodø, en Norvège. Ce centre coordonne l’aviation militaire au-dessus de la mer de Barents et des régions nordiques. (lv)
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