Van Bossuyt défend la suppression de places d’accueil après une manifestation à Bruxelles


Principaux renseignements

  • Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Asile et de la Migration, a suspendu le financement fédéral destiné à 1 000 places d’accueil à Bruxelles.
  • Les autorités régionales sont désormais seules responsables de l’accueil général des sans-abri.
  • Les organisations de la société civile préviennent que ces coupes budgétaires risquent de laisser des centaines de familles et d’enfants sans abri.

À la suite d’une manifestation contre la suppression de 1 000 places d’accueil à Bruxelles, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Asile et de la Migration, a qualifié la situation actuelle d’extrêmement complexe. C’est ce que rapporte Bruzz.

Elle a indiqué que le gouvernement fédéral collaborait avec les autorités bruxelloises afin d’affiner le processus d’orientation de certains groupes spécifiques, dans le but de leur offrir un accompagnement adapté ou, dans la mesure du possible, de faciliter leur retour définitif dans leur pays d’origine.

Compétence régionale

La ministre a fait preuve de compréhension face à l’énorme pression qui pèse sur Bruxelles en ce qui concerne les sans-abri, mais a affirmé qu’il s’agissait d’une compétence régionale.

Bien qu’elle reconnaisse les défis auxquels la ville est confrontée, elle a déclaré que l’aide aux sans-abri relevait de la compétence de la Région bruxelloise, et non de celle du ministère fédéral chargé de l’asile et de la migration. Selon Van Bossuyt, l’obligation du gouvernement fédéral se limite strictement à l’aide aux personnes ayant légalement droit à l’asile.

Fin du « Brussels Deal »

Ce changement de politique marque une rupture avec le « Brussels Deal », un accord conclu en 2022 sous le gouvernement De Croo afin de remédier aux pénuries au sein du réseau d’accueil des demandeurs d’asile. Cet accord prévoyait 42 millions d’euros par an pour financer 2 000 places d’accueil.

Van Bossuyt affirme toutefois que ces fonds ne sont plus nécessaires, la liste d’attente s’étant réduite à environ 1 000 hommes seuls, dont la moitié résiderait chez des proches. Elle souligne que les impôts fédéraux ne doivent pas servir à subventionner l’accueil général des sans-abri dans la capitale.

Avertissements face à une crise imminente

À l’inverse, le secteur social met en garde contre une crise imminente. Près de 1 000 manifestants se sont récemment rassemblés, menés par des syndicats et des organisations telles que Samusocial, BelRefugees, l’AMA et le BICO, pour s’opposer à la perte de 25 pour cent de la capacité d’accueil disponible de la ville.

Samusocial a souligné les conséquences de la pénurie de places d’accueil. L’organisation a indiqué avoir dû refuser, en juillet, 244 des 299 familles qui sollicitaient de l’aide. Du fait de cette situation, 238 enfants se sont retrouvés sans toit. En réaction, ces associations de défense des droits appellent à un moratoire sur les fermetures jusqu’à fin mars au moins. (lv)

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