L’Iran et Oman discutent d’un nouveau corridor maritime dans le détroit d’Ormuz, qui leur conférerait un contrôle total


Principaux renseignements

  • L’Iran et Oman négocient actuellement un système de navigation circulaire provisoire pour le détroit d’Ormuz.
  • Ce nouveau mécanisme restreint la circulation des navires et permet à l’Iran de contrôler les navires entrants.
  • Le chevauchement des revendications territoriales ne laisse aucune zone d’eaux internationales neutres dans ce goulet d’étranglement.

L’Iran et Oman mènent actuellement des discussions en vue d’établir un couloir maritime provisoire au sein du détroit d’Ormuz, comme l’a rapporté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, par l’intermédiaire de l’agence de presse officielle IRNA.

Mécanisme de navigation proposé

La proposition suggère la mise en place d’un système de navigation circulaire à titre de mesure provisoire jusqu’à ce qu’un cadre réglementaire permanent soit finalisé.

Le mécanisme proposé consisterait à diriger les cargos et les pétroliers vers le détroit par une voie nord traversant les eaux iraniennes. Une fois leurs opérations terminées dans les ports iraniens ou ceux d’autres pays du Golfe, ces navires reviendraient par une route sud passant par le territoire omanais.

Un goulet d’étranglement mondial

Cette voie navigable stratégique constitue un goulet d’étranglement crucial pour le transport d’engrais, de gaz et de pétrole, et est souvent à l’origine de tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le détroit ne mesurant qu’environ 39 kilomètres de large à son point le plus étroit, les zones territoriales revendiquées par Oman et l’Iran, chacune s’étendant sur 12 milles marins (22 kilomètres), se chevauchent, ne laissant aucune zone d’eaux internationales neutres à proximité.

L’Iran prend le contrôle

Alors que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) interdit le blocus des navires commerciaux et garantit le droit de passage en transit, l’Iran rejette ces normes juridiques. Par conséquent, ce nouveau système proposé limiterait considérablement la liberté de circulation par rapport aux niveaux d’avant le conflit. Un tel dispositif donnerait à l’Iran la possibilité de contrôler les pays d’origine et, potentiellement, de bloquer l’entrée de navires de guerre.

Cette initiative fait suite à un accord-cadre conclu mi-juin entre Washington et Téhéran. Selon les termes de cet accord, l’Iran est censé collaborer avec Oman et d’autres nations côtières concernées afin de définir la gouvernance et la gestion futures du détroit. (fc)

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