Principaux renseignements
- Le taux d’inflation de 3,5 pour cent enregistré en Belgique en juillet 2026 a dépassé celui de tous les pays voisins.
- La flambée des coûts énergétiques et les contrats à taux variable ont été les principaux facteurs à l’origine de cette hausse des prix.
- Selon l’économiste Eric Dor, l’indexation automatique des salaires menace la compétitivité à long terme des entreprises et le financement public.
En juillet 2026, la Belgique a connu une hausse des prix de 3,5 pour cent, un chiffre qui a dépassé les taux d’inflation de tous ses pays limitrophes. Plus précisément, les hausses de prix ont été moins importantes en France (2,4 pour cent), en Allemagne (2,8 pour cent), aux Pays-Bas (2,9 pour cent) et au Luxembourg (3,4 pour cent). Cette tendance s’étend à l’ensemble de la zone euro, où 15 des 21 États membres ont enregistré une inflation inférieure à celle de la Belgique au cours de la période d’un an s’achevant en juillet 2026, indique Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.
L’impact des coûts énergétiques
Le principal facteur à l’origine de cette disparité est la flambée des coûts énergétiques. La Belgique a connu une hausse annuelle de 14,3 pour cent des prix de l’énergie, dépassant largement les taux enregistrés en France (12,4 pour cent), au Luxembourg (11,8 pour cent), aux Pays-Bas (9,8 pour cent) et en Allemagne (7,3 pour cent). À l’exception de la Lituanie, aucun autre pays de la zone euro n’a connu une hausse aussi forte. Cette tendance était particulièrement marquée pour le gaz et l’électricité à usage domestique, en revanche, les prix des carburants en Belgique ont augmenté plus lentement que dans les pays voisins.
Facteurs de volatilité des prix
Deux facteurs principaux expliquent la volatilité des coûts énergétiques en Belgique. Premièrement, la forte prévalence des contrats à tarif variable permet aux pics du marché de gros de se répercuter presque instantanément sur les consommateurs, contrairement aux pays où les contrats à tarif fixe sont plus répandus. Deuxièmement, la méthodologie belge de calcul des indices des prix à la consommation a tendance à gonfler les chiffres en se concentrant sur les offres actuelles du marché pour les nouveaux contrats, négligeant ainsi les consommateurs dont les tarifs restent stables dans le cadre de contrats existants.
Tendances générales de l’inflation
Au-delà de l’énergie, la Belgique a continué d’enregistrer une inflation plus élevée que ses voisins. L’inflation hors énergie s’est établie à 2,6 pour cent, contre 2,4 pour cent en Allemagne, 2,3 pour cent aux Pays-Bas et au Luxembourg, et 1,4 pour cent en France. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits alimentaires non transformés, a suivi une évolution similaire, atteignant 2,7 pour cent en Belgique, tout en restant plus faible dans les pays voisins. Ce phénomène était particulièrement visible dans le secteur des services, où les prix belges ont grimpé de 4,1 pour cent. Dépassant de loin les taux enregistrés en Allemagne (3,3 pour cent), au Luxembourg (2,6 pour cent) et en France (2,4 pour cent). Le seul domaine dans lequel la Belgique s’en est mieux sortie est celui des produits alimentaires, de l’alcool et du tabac, qui a connu une hausse modérée de 0,9 pour cent.
Risques économiques à long terme
Si le système belge d’indexation automatique des salaires et des prestations sociales peut temporairement protéger le pouvoir d’achat de la plupart des citoyens, il procure toutefois un faux sentiment de sécurité. Selon Dor, une telle indexation nuit à long terme à la compétitivité des entreprises belges. Qui doivent déjà faire face à des coûts salariaux plus élevés que ceux de leurs pays voisins, ce qui pourrait entraîner des pertes d’emplois. De plus, la hausse des coûts d’exploitation pour les détaillants pourrait inciter les consommateurs à faire leurs achats de l’autre côté des frontières. Cette évolution menace non seulement l’emploi dans le secteur du commerce de détail, mais réduit également les recettes fiscales et les cotisations sociales, ce qui, à terme, déstabilise le financement des retraites, des prestations sociales et des services publics. (ev)
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