Principaux renseignements
- Les feux de forêt incontrôlés en Espagne et en France submergent les moyens d’intervention d’urgence de l’Union eyropéenne.
- Des lacunes logistiques et des sanctions politiques entravent la mobilisation rapide des moyens de lutte contre les incendies.
- L’adaptation climatique à long terme doit privilégier la gestion des paysages plutôt que la simple augmentation du nombre d’avions.
La Commission européenne a déployé son dispositif d’intervention d’urgence pour venir en aide à l’Espagne et à la France, où des feux de forêt incontrôlés ont contraint plus de 320 000 habitants à se réfugier et ravagé plus de 120 000 hectares de terres.
L’aide actuelle comprend une flotte d’avions et d’hélicoptères, ainsi que des équipes terrestres spécialisées. Cependant, les responsables admettent que l’intensité et la vitesse des incendies submergent les ressources disponibles, poussant les systèmes de gestion des catastrophes de l’Union européenne à leurs limites.
Un système soumis à une pression extrême
Cette crise met en évidence un fossé grandissant entre l’ampleur des incendies de forêt modernes et la capacité de l’Union à les maîtriser. En Espagne, par exemple, les flammes ont progressé à une vitesse de six kilomètres par heure, dépassant largement les équipes au sol qui ne pouvaient avancer qu’à 300 mètres par heure.
Si Hadja Lahbib, de la Commission chargée de l’aide humanitaire et de la gestion des crises, affirme que le mécanisme de protection civile reste opérationnel, il est toutefois reconnu que le système est soumis à de fortes pressions en raison de la survenue simultanée de catastrophes dans plusieurs États membres.
Obstacles logistiques et politiques
Les obstacles logistiques compliquent encore davantage l’intervention. Les moyens de lutte contre les incendies appartenant à chaque État membre, Bruxelles ne peut pas mobiliser l’ensemble de la flotte si ces pays sont eux-mêmes en train de lutter contre leurs propres incendies. De plus, certains équipements ne sont pas adaptés à certains types de terrains.
La situation est exacerbée par les tensions politiques, les hélicoptères de lutte contre les incendies russes présents en Espagne restant inutilisables en raison des sanctions de 2022, sans qu’aucune indication ne soit donnée pour l’instant par la Commission concernant d’éventuelles dérogations temporaires pour leur utilisation.
Changement climatique
Le changement climatique modifie fondamentalement la nature de ces situations d’urgence, les saisons des incendies commençant plus tôt et durant plus longtemps – pouvant s’étendre jusqu’en novembre.
Pour y faire face, l’UE investit dans une flotte permanente d’hélicoptères et d’avions Canadair, bien que ceux-ci ne soient pas pleinement opérationnels avant 2030. Le Centre de coordination des interventions d’urgence a également été renforcé par des analystes qui modélisent le comportement des incendies afin de mieux anticiper les zones où des ressources sont nécessaires.
Vers une adaptation à long terme
Malgré ces améliorations technologiques, les responsables de l’UE affirment que l’augmentation du nombre d’aéronefs ne constitue pas une solution complète. Ils appellent à une transition vers une gestion intégrée du paysage, axée sur la réduction de la végétation combustible afin de prévenir les incendies catastrophiques avant même qu’ils ne se déclarent.
Alors que les vagues de chaleur assèchent la végétation et que les risques d’incendie se déplacent vers la Grèce, l’UE souligne que l’adaptation au changement climatique est désormais un élément essentiel de la protection civile, car l’activité incendiaire actuelle continue de dépasser les normes historiques.
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