Principaux renseignements
- Le ministère américain des Affaires étrangères refuse de rendre publics le montant total des recettes pétrolières du Venezuela et des transferts de fonds.
- Les dirigeants du Congrès menacent de délivrer des citations à comparaître pour imposer la transparence financière.
- Les enquêteurs du GAO peinent à obtenir des données essentielles de la part de l’administration.
Le ministère américain des Affaires étrangères est critiqué pour son refus de divulguer le montant total des recettes pétrolières vénézuéliennes qu’il a perçues, ainsi que la part de ces fonds qui a été reversée à Caracas. Malgré les affirmations selon lesquelles des audits sont en cours sous la direction de KPMG, le ministère n’a pas communiqué ces conclusions au Congrès. Par ailleurs, le ministère refuse également de coopérer avec le Government Accountability Office (GAO), un organisme indépendant qui mène une enquête sur ces finances depuis juillet. C’est ce que rapporte le Financial Times.
Opposition au Congrès
Les dirigeants démocrates de la Chambre des représentants ont critiqué ce « manque de responsabilité sans précédent ». Ils soulignent qu’il s’agit de milliards de dollars sans aucune transparence publique. Si le Parti démocrate remporte la majorité lors des élections de mi-mandat en novembre, il menace de recourir à des assignations à comparaître pour contraindre l’administration Trump à rendre publiques ces données financières. Outre les fonds pétroliers, les législateurs des deux partis exigent d’avoir accès à un contrat conclu entre le Pentagone et l’homme d’affaires Alejandro Betancourt. Ce contrat pourrait accorder aux États-Unis une participation de 35 pour cent dans ses activités pétrolières au Venezuela.
La répartition des fonds
Le ministère des Affaires étrangères continue d’affirmer que les fonds sont répartis sur la base des demandes du gouvernement par intérim du Venezuela et que des contrôles sont toujours en cours. Des contradictions persistent toutefois. Certains responsables affirment que le Venezuela réinjecte la majeure partie des recettes pour payer les salaires et stabiliser la monnaie, afin de prévenir la corruption. Le président américain Donald Trump a toutefois laissé entendre à plusieurs reprises que les États-Unis tiraient profit de la situation, affirmant que le gouvernement encaissait « des milliards et des milliards de dollars ».
Des intérêts financiers en expansion
L’ampleur financière de l’implication américaine dépasse désormais le simple cadre des recettes pétrolières. Le gouvernement perçoit désormais des redevances et des taxes sur la production versées par des entreprises privées telles que Chevron, ainsi que des recettes provenant des exportations vénézuéliennes d’or et de minerais. Bien qu’un responsable du ministère des Affaires étrangères ait indiqué en avril que 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) avaient été restitués au Venezuela, le manque de données détaillées a alimenté les soupçons.
L’enquête du GAO
Actuellement, le GAO indique que son enquête en est aux phases préliminaires et qu’il tente toujours d’obtenir les données nécessaires auprès du Département d’État. Alors que l’administration a promis de répondre aux demandes de contrôle, le secret qui continue d’entourer le contrat avec North America Blue Energy Partners et les flux pétroliers en général reste un principal sujet de controverse à Washington. (ev)
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