Principaux renseignements
- Les constructeurs automobiles européens sont à la traîne par rapport à la Chine en raison de réglementations rigides et de protocoles de sécurité trop prudents.
- Le soutien massif des pouvoirs publics et des chaînes d’approvisionnement peu coûteuses accélèrent le déploiement des robotaxis en Chine.
- Les coûts élevés et la faible demande des consommateurs freinent la croissance de la conduite autonome en Europe.
Les géants automobiles européens, notamment Mercedes-Benz, BMW et Volkswagen, se heurtent à des obstacles majeurs dans le déploiement de flottes commerciales de robotaxis, accusant un retard considérable par rapport à leurs homologues chinois.
Alors que de nombreuses entreprises mondiales ont tenté de se lancer sur ce marché, beaucoup se sont discrètement retirées ou ont reporté leur lancement. Même Tesla a vu son déploiement ralentir en raison de problèmes logiciels et de la nécessité urgente de renforcer les protocoles de sécurité.
Obstacles réglementaires en Europe
En Europe, les progrès restent fragmentés et lents. Volkswagen a récemment lancé un programme pilote à Hambourg par l’intermédiaire de sa filiale Moia, à la suite d’un partenariat avec Uber et de la création de son unité dédiée à la conduite autonome, VW ADMT. Cependant, un déploiement commercial à grande échelle est entravé par le coût élevé du matériel, la complexité des logiciels et la rigidité des cadres réglementaires.
Les législations allemande et européenne imposent actuellement la présence d’un personnel de sécurité formé à bord du véhicule lors des essais publics, ce qui laisse penser qu’une certification complète pour la conduite sans conducteur ne sera peut-être pas possible avant 2027 au plus tôt.
Une culture d’aversion au risque
De plus, les régulateurs européens adoptent une attitude prudente face aux logiciels non éprouvés, ce qui ralentit l’entraînement des algorithmes en conditions réelles.
Cette prudence est aggravée par le fait que les agences locales d’enquête sur les accidents et les organismes de surveillance de la sécurité manquent souvent d’infrastructures pour suivre le rythme des évolutions technologiques rapides.
Pressions économiques et demande du marché
Les pressions économiques ont également joué un rôle. BMW a renoncé à ses capacités de niveau 3 « sans surveillance du conducteur » sur ses modèles haut de gamme, optant plutôt pour la conduite assistée de niveau 2 Plus en raison de la hausse des coûts et du faible intérêt des consommateurs.
De même, Volkswagen a mis fin à une collaboration avec Bosch pour des raisons financières. Le marché est encore compliqué par la réticence des consommateurs à payer un supplément pour une automatisation limitée et par l’existence de réseaux de transports en commun solides, qui privilégient les transports en commun intégrés plutôt que les nouveaux services de VTC.
Déploiement rapide en Chine
À l’inverse, la Chine a déployé avec succès des robotaxis dans de grands pôles urbains tels que Shanghai, Pékin et Wuhan. Ces véhicules circulent dans des zones géolocalisées spécifiques, certains proposant même un service disponible 24 h/24 et 7 j/7, accessible via des applications populaires comme Alipay et WeChat.
Avantages stratégiques du modèle chinois
L’essor rapide de la conduite autonome en Chine est porté par un soutien gouvernemental massif et des objectifs stratégiques nationaux. Si des défaillances techniques ont parfois entraîné des suspensions temporaires des autorisations, le gouvernement chinois reprend rapidement le processus d’agrément afin de maintenir la dynamique.
De plus, la chaîne d’approvisionnement intégrée des véhicules électriques en Chine permet de disposer de matériel moins coûteux et d’accélérer la mise à l’échelle. La nature chaotique du trafic urbain chinois offre un terrain d’entraînement idéal pour que les algorithmes maîtrisent des environnements imprévisibles, tandis que les consommateurs chinois font généralement preuve d’un niveau de confiance et d’ouverture plus élevé envers la technologie de conduite autonome que ceux des marchés occidentaux.
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