Principaux renseignements
- L’administration de Donald Trump a imposé de nouveaux droits de douane de 10 pour cent et 12,5 pour cent à 60 partenaires commerciaux afin de lutter contre le travail forcé.
- L’article 301 fournit le fondement juridique permettant de maintenir ces droits de douane et de résister aux recours judiciaires.
- La plupart des importations mondiales sont soumises à ces taux, à l’exception des minéraux essentiels, de l’énergie et des marchandises protégées par l’USMCA.
Afin de maintenir une base tarifaire cohérente après l’expiration d’un prélèvement mondial temporaire de 10 pour cent, l’administration Trump a instauré de nouveaux droits de douane de 10 pour cent et 12,5 pour cent à l’encontre de 60 partenaires commerciaux. Ces mesures, qui sont entrées en vigueur vendredi à 00 h 01 (heure de la côte Est, 06:01 à nous), sont officiellement justifiées par la mise en œuvre insuffisante, par ces pays, des interdictions relatives au travail forcé. Les marchandises actuellement en transit bénéficient d’un délai de grâce jusqu’au 28 juillet. C’est ce que rapporte Reuters.
Stratégie juridique et section 301
En invoquant la section 301 de la loi sur le commerce de 1974, la Maison Blanche a trouvé un mécanisme juridique permettant de maintenir des droits de douane de grande envergure. Cette stratégie fait suite à un arrêt rendu en février par la Cour suprême, qui a invalidé les précédents droits de douane « réciproques » mis en œuvre en vertu des lois d’urgence nationale. Les experts juridiques estiment que l’article 301 résiste mieux aux contestations judiciaires, offrant ainsi à l’administration un outil ‘de fer’ pour maintenir un seuil tarifaire tout en minimisant les risques juridiques.
Champ d’application des importations et exemptions
Le champ d’application de ces droits est très large, couvrant 99,4 pour cent des importations américaines, bien qu’il existe des exemptions importantes. Les exemptions concernent notamment les minéraux critiques, les composants aéronautiques, les engrais, le pétrole, le gaz et certains produits alimentaires spécifiques. Par ailleurs, les produits déjà soumis aux droits de douane au titre de la section 232 relatifs à la sécurité nationale, tels que l’acier, l’aluminium et le cuivre, sont exclus, tout comme les marchandises relevant de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AUMC) visant à protéger les chaînes d’approvisionnement intégrées en Amérique du Nord.
Répartition régionale des taux
L’impact varie selon les régions. Un taux de 10 pour cent s’applique à des pays tels que le Mexique, le Canada, l’Inde et le Royaume-Uni. L’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, la Suisse et Taïwan supportent un taux total de 10 % ou de 12,5 %, une fois ajoutés les droits de douane existants appliqués au titre de la clause de la nation la plus favorisée. Les autorités américaines appliquent un taux de 12,5 % à 38 autres pays, dont la Chine et le Vietnam. Pour la Chine, l’administration prévoit de ramener progressivement les droits de douane à 20 %, conformément aux discussions menées dans le cadre d’une trêve commerciale envisagée pour 2025, sans dépasser ce plafond.
Justification du représentant américain au commerce
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a défendu cette mesure, affirmant que les États-Unis respectaient strictement l’interdiction du travail forcé depuis près d’un siècle et que les autres nations devaient désormais aligner leurs pratiques afin de mettre fin aux violations des droits de l’homme et aux distorsions commerciales. M. Greer a souligné que, pour les pays ayant conclu des accords commerciaux, ces nouveaux droits de douane ne dépasseraient pas les plafonds tarifaires convenus précédemment.
Réactions et critiques internationales
Les réactions internationales ont été largement négatives. La responsable de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a rejeté cette justification, arguant que les normes du travail et les avantages sociaux européens sont supérieurs à ceux des États-Unis. L’Australie, le Brésil et la Norvège ont également condamné ces droits de douane, les qualifiant d’infondés ou d’injustifiés. Le Canada a adopté une réponse plus modérée, s’engageant à poursuivre un dialogue constructif avec Washington.
Alors que certains détracteurs suggèrent que ces droits de douane ne font que remplacer le droit global de 10 pour cent arrivé à expiration, les responsables de l’administration réfutent cette affirmation. Ils soutiennent que cette mesure constitue une réponse directe aux demandes du Congrès visant à éradiquer le travail forcé des chaînes d’approvisionnement mondiales et à éliminer l’avantage concurrentiel déloyal dont bénéficient les pays où l’application de la législation du travail est laxiste.
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