Principaux renseignements
- Donald Trump a autorisé un accord permettant à l’Arabie saoudite de développer l’enrichissement d’uranium à des fins civiles.
- Des entreprises américaines contribueront à la mise en place de ce programme nucléaire sur une période de trente ans.
- Les détracteurs de cet accord craignent qu’il ne déclenche une course aux armements nucléaires dans la région.
Selon divers médias, Donald Trump a autorisé un accord qui permettrait à l’Arabie saoudite de développer ses propres capacités d’enrichissement d’uranium à des fins énergétiques civiles. Cet accord, qui n’a pas encore été officiellement annoncé mais pourrait l’être prochainement, a été révélé pour la première fois par le New York Times et le Wall Street Journal.
Détails de l’accord sur trente ans
S’étalant sur trois décennies, cet accord devrait impliquer des entreprises américaines dans la mise en place du programme nucléaire. À l’issue d’une analyse conjointe menée par les deux nations, l’accord pourrait autoriser la construction d’une usine d’enrichissement sur le sol saoudien.
Toutefois, cette proposition risque de se heurter à l’opposition du Congrès, certains législateurs craignant que l’octroi de ces capacités à Riyad ne déclenche une course aux armements nucléaires dans la région.
Contrôle de l’AIEA
Bien que l’Arabie saoudite soit membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), certaines sources indiquent que l’accord ne comporte pas le « protocole additionnel », qui conférerait à l’agence des pouvoirs plus étendus en matière d’inspection et de vérification.
Cette évolution intervient alors que les États-Unis et Israël poursuivent leurs efforts pour mettre un terme aux ambitions nucléaires de l’Iran, malgré les affirmations de Téhéran selon lesquelles ses propres activités d’enrichissement sont à des fins non militaires.
Inquiétudes concernant la militarisation nucléaire
Les analystes en matière de sécurité s’inquiètent du fait que l’introduction de centrifugeuses dans le royaume pourrait faciliter la fabrication d’armes atomiques. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a déjà laissé entendre que l’Arabie saoudite pourrait se doter d’une force de dissuasion nucléaire si l’Iran parvenait à en développer une.
Bien que l’enrichissement ne soit qu’une étape vers la militarisation, nécessitant d’autres avancées dans la technologie des explosifs, il reste un préalable essentiel à la fabrication d’une bombe.
Évolutions diplomatiques
Parmi les initiatives diplomatiques ayant précédé l’accord figure la visite effectuée en 2025 dans le royaume par le secrétaire à l’Énergie Chris Wright afin de discuter de l’énergie nucléaire à des fins commerciales. Parallèlement, les tensions géopolitiques ont évolué, le Pakistan ayant récemment laissé entendre qu’il partagerait ses ressources nucléaires avec l’Arabie saoudite à la suite des actions militaires israéliennes dans la région.
Comparaison avec le modèle des Émirats arabes unis
Cette démarche contraste avec l’approche adoptée par les Émirats arabes unis. Dans le cadre de leur « accord 123 » conclu avec les États-Unis pour la construction de la centrale de Barakah, les Émirats arabes unis ont choisi de ne pas se lancer dans l’enrichissement sur leur territoire, un choix que les experts en non-prolifération considèrent comme le modèle idéal pour les nations souhaitant se doter de l’énergie nucléaire sans risquer la prolifération.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

