Les États-Unis ne se limitent pas au pétrole et s’intéressent aux ressources minérales vénézuéliennes


Principaux renseignements

  • Les États-Unis souhaitent avoir accès aux ressources minérales essentielles du Venezuela afin de renforcer leur sécurité nationale.
  • Les entreprises américaines visent à supplanter l’influence chinoise au sein du secteur minier latino-américain.
  • Des données obsolètes et des gangs illégaux entravent les investissements privés immédiats dans la région.

Les États-Unis tentent leur influence sur les ressources naturelles du Venezuela en allant au-delà du pétrole pour s’assurer l’accès aux gisements minéraux du pays. C’est ce que rapporte Reuters.

Le gouvernement Trump étudierait les moyens d’ouvrir le secteur minier aux entreprises américaines, en mettant l’accent sur les matières premières essentielles à la sécurité nationale, comme l’or. Cette stratégie vise à aligner les ressources du Venezuela sur les objectifs économiques et stratégiques des États-Unis après la destitution de Nicolás Maduro.

Investissements privés

Pour faciliter cela, l’administration a envisagé de mettre en œuvre un décret présidentiel ciblant spécifiquement les minerais critiques, bien que celui-ci en soit encore au stade de l’ébauche.

Des représentants de la Maison Blanche ont déjà pris contact avec des entreprises privées afin d’évaluer leur volonté d’investir dans la région. Alors qu’un porte-parole a souligné les avantages d’une coopération renouvelée et des investissements occidentaux, d’autres responsables ont laissé entendre que les cadres juridiques existants pourraient être suffisants, rendant ainsi inutile un nouveau décret présidentiel.

Lutter contre l’influence chinoise

Ce changement géopolitique s’inscrit dans un effort plus large visant à rétablir la domination américaine en Amérique latine et à contrer l’expansion économique de la Chine.

Alors que Maduro avait auparavant noué des liens étroits avec Pékin, le gouvernement intérimaire actuel, dirigé par Delcy Rodriguez, s’est orienté vers une relation plus coopérative avec les États-Unis. Le ministère des Finances a déjà assoupli les restrictions, autorisant certaines transactions impliquant de l’or vénézuélien et d’autres minéraux afin d’encourager l’implantation d’entreprises américaines.

Craintes coloniales

Les États-Unis ont déjà pris des mesures énergiques dans le secteur énergétique, revendiquant récemment le contrôle majoritaire d’une part importante des réserves pétrolières du Venezuela. Cependant, ces manœuvres ont suscité des inquiétudes au sein même du Venezuela, où l’on craint que le pays ne soit traité comme un territoire colonial.

Difficultés liées à l’évaluation des ressources

Malgré l’intérêt stratégique que présente le pays, l’évaluation de la richesse minérale réelle du Venezuela s’avère difficile. Une grande partie des informations géologiques disponibles est obsolète, et des organisations illégales dominent actuellement l’arc minier de l’Orénoque, riche en or.

Les analystes estiment que les investisseurs auront besoin de données actualisées et de meilleures infrastructures avant d’engager des capitaux importants, d’autant plus que les rapports gouvernementaux précédents sont restés vagues quant à la viabilité économique des réserves.

Disponibilité des matières premières

Si les documents officiels indiquent la présence de minerai de fer, de bauxite, de nickel et d’or, ainsi que de gisements potentiels de tungstène et d’uranium, le pays ne dispose pas de quantités substantielles d’éléments de terres rares.

Afin d’attirer des capitaux, les législateurs vénézuéliens ont récemment adopté une loi minière qui maintient la propriété entre les mains de l’État tout en instaurant une redevance pouvant atteindre 13 pour cent de la production brute.

(at)

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