Dix pays européens réclament une révision de la taxe carbone applicable aux carburants


Principaux renseignements

  • Dix pays de l’UE exigent une réévaluation de la taxe carbone proposée sur les combustibles de chauffage et de transport.
  • Ces pays réclament davantage de quotas de CO₂ gratuits afin de protéger leurs secteurs industriels contre l’instabilité économique.
  • Cet appel met en évidence les divisions au sein de l’Union européenne.

Une coalition de dix États membres de l’Union européenne, dont la Pologne et l’Italie sont les principaux représentants, demande une réévaluation de la taxe carbone proposée sur les carburants destinés aux transports et au chauffage. Cette demande, détaillée dans une déclaration commune adressée à la Commission européenne, intervient alors que l’Union s’apprête à actualiser son principal cadre climatique, le système d’échange de quotas d’émission (SEQE).

Inquiétudes concernant la stabilité économique

Ce groupe — qui comprend également la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie, la Grèce, l’Estonie, la République tchèque, Chypre, la Bulgarie et l’Italie — fait valoir que l’imposition de nouvelles taxes liées au climat est inappropriée compte tenu de l’instabilité géopolitique et économique actuelle.

Ces pays estiment que la prochaine révision du SEQE devrait être l’occasion de réévaluer le mécanisme « SEQE-2 », dont l’entrée en vigueur, qui devrait avoir un impact sur les prix des carburants, est prévue pour 2028.

Une Union européenne divisée

Au-delà de la taxe sur les carburants, ces pays réclament des modifications du marché du carbone actuel. Plus précisément, ils plaident en faveur d’une distribution plus généreuse de quotas de CO₂ gratuits pour les secteurs industriels, indépendamment de toute exigence spécifique. Cela va à l’encontre de la position actuelle de la Commission, qui suggère que les quotas gratuits devraient être réservés aux entreprises s’engageant dans des projets de décarbonisation en Europe.

Ce désaccord crée une fracture au sein de l’UE, opposant les dix pays opposés à la taxe aux partisans de celle-ci, tels que la Suède et l’Allemagne. Bien que la Commission ait déjà reporté la taxe de douze mois pour apaiser les inquiétudes liées à la hausse des coûts pour les consommateurs, elle s’est montrée réticente à apporter d’autres modifications avant la mise en œuvre de la mesure, afin de laisser aux entreprises le temps de s’adapter.

Transition écologique

Les partisans du prix du carbone soutiennent que cette taxe est essentielle pour accélérer la transition vers des systèmes de chauffage écologiques et les véhicules électriques. Ils soulignent que les fonds générés serviraient à subventionner l’adoption de technologies propres, allégeant ainsi la charge financière pesant sur les citoyens. Cependant, comme le bloc opposé dispose d’un poids suffisant au vote pour bloquer la législation, il pourrait potentiellement imposer des modifications à la redevance ETS2 lors de la phase finale de négociation avec les législateurs européens. (fc)

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