Principaux renseignements
- Les démocrates progressistes s’opposent de plus en plus à l’aide militaire à Israël.
- Près de la moitié du groupe parlementaire du parti à la Chambre des députés s’est prononcée en faveur d’une réduction budgétaire de plusieurs milliards.
- Les divisions internes au sein du parti témoignent d’une demande de changement fondamental en matière de politique étrangère.
Une division importante s’est creusée au sein du Parti démocrate américain concernant le soutien militaire à Israël. Récemment, 103 députés démocrates de la Chambre des représentants – soit près de la moitié du groupe parlementaire démocrate – ont soutenu une proposition du républicain Thomas Massie visant à supprimer plusieurs milliards d’aide pour le prochain exercice budgétaire.
Bien que cette mesure ait été rejetée par 314 voix contre, ce résultat illustre les divisions croissantes au sein du parti concernant le soutien militaire à Israël.
Des divisions croissantes
La proposition, qui visait à supprimer 3,3 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d’euros) de financement militaire, n’a pratiquement reçu aucun soutien parmi les républicains, Massie étant le seul membre de son parti à avoir voté pour.
Cependant, le changement au sein des rangs démocrates est frappant. Alors que 103 membres ont voté en faveur de l’amendement et que 10 se sont abstenus, seuls 37 démocrates avaient soutenu des restrictions similaires deux ans auparavant.
Un appel à la réforme de la politique étrangère
Ces tensions internes découlent de la volonté de l’aile progressiste de s’éloigner de la politique étrangère traditionnelle des États-Unis. Les partisans de la mesure ont déclaré dans divers médias que leur vote constituait un signal nécessaire de désapprobation vis-à-vis des actions militaires israéliennes au Liban, en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza. Ils ont fait valoir qu’un changement fondamental dans la manière dont les États-Unis s’engagent auprès d’Israël est désormais essentiel.
Une direction divisée sur la stratégie
La discorde a même atteint les plus hautes sphères de la direction du parti. Alors que le chef de file de la minorité, Hakeem Jeffries, a voté contre la proposition, des personnalités de premier plan telles que l’ancienne présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et la whip Katherine Clark l’ont soutenue.
Clark a expliqué au The New York Times que son vote ne constituait pas un ralliement à la position républicaine sur la question, mais plutôt un appel en faveur d’une nouvelle orientation stratégique. De son côté, Jeffries, connu depuis longtemps comme un allié indéfectible d’Israël, a subtilement modifié son ton, reconnaissant pour la première fois la nécessité d’une « révision radicale » des politiques actuelles.
(at)(fc)
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