Le ministre De Ridder a donné son feu vert au FSD de Tesla malgré des avertissements internes en matière de sécurité


Principaux renseignements

  • La Belgique a légalisé la technologie FSD de Tesla afin de favoriser l’innovation automobile.
  • Des avertissements internes ont révélé que le logiciel avait des difficultés à interpréter le marquage routier et la signalisation locale.
  • Les détracteurs de cette mesure affirment que le pari politique privilégie l’image au détriment de la protection du public.

La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), a récemment approuvé l’utilisation de la technologie Full Self-Driving (Supervised) (FSD) de Tesla sur les routes de Flandre, une décision qui a par la suite étendu l’utilisation du système au reste de la Belgique.

De Ridder a présenté cette initiative comme un effort stratégique visant à positionner la Flandre comme un pôle d’innovation automobile.

Processus d’autorisation accéléré

Le processus d’autorisation a été particulièrement rapide. Après seulement quelques kilomètres d’essais initiaux en mai, la ministre a donné son feu vert à la technologie le 10 juin. Elle a fait valoir que les essais approfondis menés aux Pays-Bas – totalisant plus de 1,5 million de kilomètres – rendaient inutile un long essai local, suggérant que seule la réaction du système aux règles de circulation spécifiques à la Flandre devait être vérifiée.

Avertissements internes

Cependant, des documents internes du ministère de la Mobilité et des Travaux publics (MMTP) révèlent d’importantes réserves, rapporte De Morgen. Une note consultative adressée à la ministre le jour même où elle a donné son accord soulignait des risques importants.

Le MMTP a signalé que le système FSD rencontrait des difficultés avec le marquage routier, la signalisation et les passages à niveau belges, ce qui a entraîné plusieurs infractions au code de la route et nécessité une intervention manuelle du conducteur pendant les essais. L’administration a également averti que certains scénarios réels n’avaient pas été testés, ce qui remettait en question la sécurité du système et la capacité des conducteurs non formés à le maîtriser.

Un accident confirme les craintes concernant la perte de contrôle

D’autres inquiétudes ont été soulevées concernant la fonction « offset », qui permet aux voitures de dépasser les limitations de vitesse. L’autorisation flamande s’alignant sur la procédure néerlandaise, cette fonction n’a pas pu être interdite.

Le MMTP a exprimé des doutes quant à la capacité de tous les conducteurs à reprendre le contrôle du véhicule suffisamment rapidement en cas d’urgence. Ces craintes se sont déjà concrétisées, le cabinet du ministre ayant confirmé qu’une collision à faible vitesse s’était produite lorsqu’un conducteur avait tenté de prendre le pas sur la direction du système dans un rond-point.

Le gouvernement défend sa décision

Des détracteurs, comme le député Bogdan Vanden Berghe (Groen), ont qualifié cette décision de pari politique dans lequel l’image prime sur la sécurité publique. Malgré ces avertissements, De Ridder maintient que sa décision était responsable.

Son porte-parole a déclaré que le gouvernement tenait compte des recommandations du MMTP en surveillant les effets sur la sécurité et en veillant à ce que les utilisateurs reçoivent des instructions claires dans leur langue maternelle. L’administration souligne que, le FSD étant un système d’assistance de niveau deux, la responsabilité légale du véhicule incombe entièrement au conducteur humain.

(at)

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