Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni a abandonné le projet de destroyer de type 83 afin de mettre en place une « marine hybride » plus polyvalente.
- Des plateformes autonomes viendront désormais compléter les navires habités afin d’augmenter la taille totale de la flotte et le nombre de missiles.
- Ce changement d’orientation stratégique privilégie les plateformes de drones, plus rentables, plutôt qu’un nombre limité de navires très coûteux.
Le ministère britannique de la Défense a précisé les raisons qui ont motivé la décision d’abandonner le projet de destroyer de type 83. Selon Luke Pollard, ministre chargé de la préparation à la défense et de l’industrie, des évaluations classifiées des conflits mondiaux actuels ont indiqué qu’une « marine hybride » serait plus efficace.
En intégrant des systèmes sans pilote à des navires habités, la Royal Navy entend accroître sa capacité totale en matière de missiles ainsi que la taille de sa flotte. La marine souhaite ainsi éviter de consacrer trop de ressources à quelques plateformes très sophistiquées mais extrêmement coûteuses. Selon le ministère, cela pourrait entraîner un manque de personnel disponible pour d’autres missions.
Nouvelles priorités pour la marine britannique
Ce changement de cap a été mis en évidence dans les réponses écrites adressées au député Andrew Bowie. Ce dernier avait demandé dans quelle mesure l’annulation de la construction de huit torpilleurs de type 83 au maximum, qui devaient à l’origine remplacer la flotte de type 45, affecterait la défense aérienne britannique.
Le ministre Pollard a expliqué que le fait de privilégier une combinaison de moyens autonomes et pilotés permettait de disposer d’une force de combat plus polyvalente. Il a affirmé que la poursuite du projet de type 83 aurait constitué un risque, car son coût extrêmement élevé aurait limité le nombre total de navires disponibles.
Mise en œuvre du modèle hybride
Dans le cadre de ce nouveau modèle, les missions de défense aérienne sont réparties entre une combinaison de navires de combat communs (Common Combat Vessels) avec équipage et de plates-formes autonomes. Il s’agit notamment des navires lance-missiles de type 91 et des navires équipés de capteurs de type 94.
Plutôt que de se contenter de remplacer les six navires de type 45 existants par huit destroyers plus grands, le gouvernement estime que ce modèle hybride offre une capacité supérieure et des économies d’échelle pour l’investissement. De plus, ces plateformes de drones ne se limiteront pas à la défense aérienne ; elles devraient soutenir l’ensemble de la flotte de surface, y compris les frégates de type 26 et de type 31.
Calendrier
En ce qui concerne la logistique de la transition, le ministère a indiqué que le projet de type 83 en était encore au stade de la conception, ce qui signifie qu’aucun accord définitif n’a encore été conclu concernant sa construction ou son emplacement. Le gouvernement planifie actuellement la transition vers le modèle hybride et décidera au plus tard en 2027 ou 2028 si les torpilleurs de type 45 actuels doivent faire l’objet de modernisations afin de prolonger leur durée de vie.
Incertitudes persistantes
Malgré ces précisions, plusieurs détails restent inconnus. Le gouvernement n’a pas révélé combien de navires de type 91 et de type 94 seront finalement mis en service. Il manque également une comparaison directe entre la capacité en missiles de la flotte hybride et celle des navires de type 83 prévus. Par ailleurs, les évaluations concernant la capacité des navires sans équipage à faire face à des menaces spécifiques restent confidentielles. (lv)
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